L’âge de déraison

Lorfèvre Alain
L’âge de déraison

Flanqué entre une mère divorcée (Toni Collette), un beau-père qu’il n’aime pas (Steve Carell, à contre-emploi) et une belle-sœur qui le méprise, Duncan (Liam Janes), 14 ans, ne s’apprête pas à passer les vacances de sa vie. Un peu contre son gré, il fait connaissance avec la fille de la voisine, Susanna (AnnaSophia Robb), plus mûre, mais aussi plus attentive aux autres que la majorité des ados. Surtout, Duncan rencontre par hasard l’employé du parc balnéaire local, Owen (Sam Rockwell), déluré, déjanté et totalement anticonformiste.

Etonnant que ce "Way Way Back" qui arrive un peu tard pour la saison estivale qu’il dépeint. Sous les dehors assez classiques de récit initiatique pour ado - qui n’a pas vécu ses premières vraies expériences durant l’été ? - cette production s’ingénie à fracasser paisiblement les poncifs bien-pensants et puritains qui plombent trop souvent le cinéma américain. Les parents sont, au mieux, démissionnaires, au pire tyranniques (quand bien même ce serait par hasard). Le fameux message "be yourself" est ici pleinement assumé, jusqu’à oser imposer une figure paternelle de substitution bien peu conventionnelle.

Dommage que Nat Faxon et Jim Rash, auteurs du scénario, ne soient pas plus inspirés du côté de la mise en scène - bien moins rebelle, elle, a contrario. Il manque malheureusement à "The Way Way Back" cette étincelle qui en aurait fait un film sur l’adolescence (et pour les ados) radicalement décoiffant. Reste un casting totalement convaincant, dont les plus jeunes ne sont pas les moins talentueux, tel Liam Janes, qui porte le film, mais aussi AnnaSophia Robb, qui se profile définitivement comme une future toute grande, déployant une maturité précoce digne de son personnage.

A.Lo.

Réalisation et scénario : Nat Faxon et Jim Rash. Avec : Liam Janes, Steve Carell, AnnaSophia Robb, Toni Collette, Allison Janney,… 1h43.