Les notes bleues

Lorfèvre Alain
Les notes bleues

Le cinéma d’animation et la musique ont toujours fait bon ménage. Mais c’est avec originalité que les quatre courts métrages réunis au sein de "L’histoire du petit Paolo" les réunissent.

Le premier a donné le "la" est un conte chanté, en rimes, où la princesse du Royaume bleu à le blues dans son château. Seule sa servante, mère de huit enfants, lui apporte quelque réconfort. Quand celle-ci, enceinte de son neuvième enfant, se trouve alitée, la princesse se distraie de son vague à l’âme en aidant à son tour sa servante. Une fois guérie, la tête couronnée est à nouveau emplie d’idées noires. Il faudra un sage pour suggérer d’apporter une nouvelle touche de couleur à son environnement.

Agnès Jaoui - parmi d’autres - prête sa voix et son art du chant à ce court métrage du producteur-réalisateur Arnaud Demuynck. Entouré d’une équipe de fidèles collaborateurs (Cecilia Marreiros-Marrum, Fabrice Luang-Vija, Vincent Bierrewaerts,…), il signe une charmante comédie musicale en papier découpé numérique.

Le bleu colore aussi le trait minimaliste de Vincent Bierrewaerts dans "Fugue", le court métrage suivant, où un petit bonhomme silhouetté court après une goutte d’eau dans un désert de blanc. Abstrait, ce court métrage de onze minutes a la simplicité des gribouillages d’enfant, au service d’un symbolisme narratif efficace.

Changement de style et explosion de tonalité, et sur un air de violon, cette fois, dans "La garde-barrière" d’Hugo Frassetto. La vieille dame, qui donne son titre au court métrage, s’évertue à arrêter les trains avec la musique qu’elle joue. Au grand désespoir d’une vache du pâturage voisin qui cherche, elle, le grand amour sur un site de rencontre. Parsemé de gag, mais dans un style loin du cartoon, le film de Frassetto est une note de fraîcheur.

La séance s’achève sur une brève histoire de l’accordéon, qui est aussi celle du petit Paolo qui donne son nom au film. Le réalisateur Nicolas Liguori s’appuie sur une rencontre entre l’accordéoniste Marc Perrone et des écoliers pour signer un film hybride - images réelles et animées se succèdent. Les dernières, peintures stylisées rappelant le travail d’un Lorenzo Mattotti, content le destin de Paolo Soprani, qui popularisa l’accordéon à la fin du XIXe siècle.

Au total, un ensemble d’un peu moins d’une heure, qui offre une belle initiation à la musique en images.A.Lo.

Réalisation : Arnaud Demuynck, Vincent Bierrewaerts, Hugo Frassetto, Nicolas Liguori. 57 minutes. A partir de 5 ans.

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