Ce que cachent les perruques

Ce que cachent les perruques
Julie Laurence Razafimanantsoa

Documentaire

Présenté en avant-première à Liège le 19 décembre dernier, "Les Perruques de Christel", soit un film documentaire de Christophe Hermans produit par la société liégeoise Frakas, raconte le quotidien et le combat de quatre femmes : Manuela, Stéphanie, Nicole et Madeleine, âgées de 18 à 89 ans. Celles-ci ont perdu leurs cheveux pour des raisons différentes et elles cherchent donc à se reconstruire une image et une féminité. Elles font pour cela appel aux services de Christel, une esthéticienne sociale, afin de redonner vie à leur existence.

Un film à taille humaine

"Derrière la perruque, il y a une personne en souffrance, les personnes se sentent étrangères à elles-mêmes", souligne Christophe Hermans, le réalisateur. Ce dernier, qui abordait déjà dans ses derniers films les thèmes du corps et de l’image de soi, semble toujours déterminé à montrer et à appréhender le réel plutôt qu’à le juger. "Mon but a été de respecter les personnes que j’ai filmées", ajoute-t-il. En effet, il s’attaque avec aisance au documentaire sans pour autant se départir d’un regard délicat et réservé. Aux dires de Christophe Hermans : "C’est un film merveilleux et l’avant-première à Liège était un succès. Nous sommes en attente de savoir si le public sera là".

Dans le documentaire, Christel incarne la présence discrète qui laissera aux spectateurs le soin d’approcher en finesse les vies de Stéphanie, jeune fille gaie et souriante atteinte d’un cancer qui n’ébranle pas sa jovialité et son envie de rester jolie, mais aussi de Nicole, qui a perdu ses cheveux suite à un traumatisme. Celle-ci est effrayée par le regard que les autres porteraient sur elle s’ils connaissaient son secret, mais elle va s’enhardir afin d’aborder la question avec des proches et de parvenir à vivre plus sereinement sans avoir l’impression de cacher un secret honteux. Quant à Madeleine, une vieille dame touchante et coquette, elle est préoccupée par la perte de ses cheveux et ne veut en aucun cas se résigner à une apparence qui donnerait d’elle une image laide ou diminuée. Et puis il y a Manuela, professeur d’éducation physique très attachée à ses élèves et à son métier, laquelle est frappée par le cancer qui la confronte à sa mortalité. "C’est un film qui parle des gens, qui reste à sa hauteur. Ce n’est pas un film voyeuriste. Il est à taille humaine", précise Christophe Hermans.

La coordinatrice des productions de Frakas affirme que "les instants de vie capturés par le réalisateur sont tour à tour graves, touchants ou légers". "Les Perruques de Christel" abordent l’intimité de ces quatre femmes au travers d’un regard imprégné d’une pudeur et d’une délicatesse respectueuse. La bonne distance essentielle au portrait documentaire est selon cette dernière atteinte . Le 22 janvier, le film sera diffusé au cinéma L’Aventure à Bruxelles. D’autres projections auront lieu dont une le 6 février à Mons.

Julie Laurence Razafimanantsoa (st.)