Eoliennes clouées au sol par le tribunal de Charleroi

van Caloen Ariane

combat acharné Une décision de justice importante vient d’être prise pour le secteur éolien. Le 22 janvier, le tribunal de première instance de Charleroi a fait injonction à la société Greenwind de cesser les travaux relatifs à la construction et à la mise en fonction de cinq éoliennes à Chimay (parc de Baileux). "C’est une première en Belgique d’obtenir l’arrêt des travaux pour un parc en construction", commente Alain Marchandise, membre de l’association ANE (Arrêt Nuisance Eoliennes).

A l’origine de ce jugement, il y a un combat acharné mené par un couple de médecins venu s’installer dans une ancienne forge à Chimay, dans un des plus beaux coins de Wallonie. Sous le charme de l’endroit, Fabian Haccourt avait rénové ce bâtiment pour s’y installer avec sa femme et ses trois enfants.

Enjeu financier important

Contestant la construction de ces cinq éoliennes (qui doivent s’ajouter à quatre autres déjà en état de fonctionnement) et le permis qui leur a été accordé, le couple a introduit un recours devant le Conseil d’Etat en 2012. Pour éviter que le promoteur joue la montre et mette les riverains devant le fait accompli, ils ont introduit une action civile en référé. Avec comme objectif de faire arrêter en urgence la construction du parc. Leur argument : la limite des 40 décibels de nuit est dépassée. La juge les a entendus, imposant une astreinte de 10 000 euros par jour au cas où les travaux seraient effectués sur ces éoliennes.

L’ordonnance cessera de produire ses effets à défaut pour les demandeurs de saisir le juge du fond dans les quinze jours. "Ce qui va être fait", nous a expliqué le docteur Fabian Haccourt.

Du côté de Greenwind, une société belge rachetée par EDP (l’équivalent portugais d’Electrabel), on se dit "surpris". "On pensait avoir de bonnes chances de l’emporter. Si on dépasse les 40 décibels, on a la possibilité de brider les éoliennes. Le but est de produire de l’électricité en respectant les réglementations", nous a expliqué David Pelletier, en charge du développement des projets pour la France et la Belgique.

La société a introduit un recours devant la cour d’appel de Mons. Il est clair que l’enjeu financier est de taille : les cinq éoliennes représentent un investissement de 20 millions d’euros.

Il n’est donc pas exclu que ces éoliennes restent à terre pendant encore des mois, le temps pour la justice de trancher.

Actions en annulation

Fabian Haccourt, lui, se montre déterminé à mener son combat jusqu’au bout. "Je constate qu’il y a beaucoup de citoyens qui introduisent des actions en annulation devant le Conseil d’Etat contre les permis accordés. Philippe Henry en tant que ministre en charge du développement du territoire ou les fonctionnaires délégués donnent d’ailleurs parfois des permis contre l’avis d’une commune. On se pose la question de savoir si cela se fait en respectant le bien-être du citoyen ou envers et contre tout. Mais, je tiens à le souligner, je ne suis pas contre l’écologie", explique-t-il.

La victoire de Fabian Haccourt réjouit tous ceux qui se battent contre l’éolien dont notamment l’association "Vent de Raison" qui a apporté son aide dans ce dossier. "Plus jamais, les promoteurs d’éoliennes industrielles ne dormiront tranquillement. Plus jamais les banquiers complices des promoteurs d’éoliennes ne dormiront tranquillement. Plus jamais l’éolien industriel ne sera qualifié d’énergie propre, elle qui tue des centaines de familles en Mongolie et en Chine par le traitement des terres rares", commente le docteur Alain Marchandise.Ariane van Caloen