Afin de ne jamais revivre l’horreur…

Laporte Christian

bruxelles

Jeudi, à la mi-journée, le Comité international d’Auschwitz a décerné à Bruxelles une "Statue de la mémoire" en forme de "B" renversé au président du Parlement européen, Martin Schulz, "pour son engagement clair et conséquent contre l’extrémisme de droite, l’antisémitisme et le racisme". Une belle occasion en fait pour ce dernier de dévoiler aussi devant ses bâtiments bruxellois une version grand format de la sculpture.

En fait, elle est chargée très symboliquement de porter le message des survivants d’Auschwitz à travers l’Europe en invitant les hommes et les femmes d’aujourd’hui à ne jamais se résigner devant les discriminations ni face à l’indifférence. Ladite sculpture effectue un tour d’Europe et a fait escale à Berlin avant de rester sur la place du Luxembourg jusqu’à la fin du mois d’avril.

Un mot d’explication sur cette drôle de lettre "B" montée à l’envers… Il s’agit en fait de celle que les prisonniers avaient dissimulée dans l’inscription qui figure au-dessus du portail du camp principal d’Auschwitz avec le fameux "Arbeit macht frei" (Le travail rend libre). Une manière pour eux d’exprimer leur colère et leur souffrance.

Pour la petite histoire et on reste dans les symboles, l’œuvre a été réalisée à la fois en grand et en petit format, par des apprentis de la société Volkswagen, d’après une idée d’un membre français du Comité international, Michèle Déodat. Des sculptures similaires ont déjà été décernées, entre autres, au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon et au président israélien, Shimon Peres. Et maintenant donc au président du Parlement européen.

Le vice-président exécutif du Comité international d’Auschwitz, Christoph Heubner en a dit toute l’importance : "L’Europe est, pour des survivants d’Auschwitz, un projet qui leur tient à cœur. Ainsi, Simone Veil, la première présidente du Parlement européen et survivante d’Auschwitz, n’a cessé de souligner que son engagement pour l’Europe était né sur les cendres d’Auschwitz. Les survivants espèrent et souhaitent que, partout en Europe, les hommes puissent vivre sans craindre la haine de l’extrême droite, de l’antisémitisme et de l’antitsiganisme. Ils espèrent que l’Europe continuera à être vigilante et que personne ne restera seul avec sa peur légitime de la haine et de la marginalisation. Martin Schulz n’a cessé de rappeler, avec clarté et constance, la tâche de l’Europe en ce sens. Voilà pourquoi il mérite notre remerciement et notre reconnaissance." Les survivants de la Shoah étaient représentés par Henri Goldberg, président de la Fondation Auschwitz en Belgique et vice-président du Comité international alors que la Belgique officielle l’était par le président de la Chambre, André Flahaut.Christian Laporte