Philippe Henry accorde un permis… en 6 jours

van Caloen Ariane

Bataille perdue Les riverains du parc éolien de Baileux (Chimay) viennent de perdre la bataille qu’ils mènent avec acharnement depuis des années. Philippe Henry, le ministre wallon (Ecolo) de l’aménagement du territoire, vient en effet d’accorder un nouveau permis (l’arrêté est du 28 janvier) qui permettra l’installation de cinq éoliennes, qui s’ajouteront à quatre déjà en état de fonctionnement. Il rend ainsi caduque l’injonction de cesser les travaux qui avait été ordonnée par le tribunal de première instance de Charleroi dans un jugement en référé rendu le 22 janvier. Pour la première fois en effet, une juridiction avait imposé l’arrêt de la construction d’éoliennes dans l’attente d’un jugement sur le fond sur la légalité du permis accordé le 9 juillet 2012.

Le docteur Fabian Haccourt, le riverain le plus proche, qui avait notamment introduit le recours devant le tribunal de Charleroi, ne décolère pas. "Ce qu’a fait le ministre est légal mais scandaleux. Il balaie du revers de la main deux ans de procédure. Il impose envers et contre tout ses éoliennes. C’est du jamais vu. En quelques jours, il accorde un nouveau permis. Et sans qu’il y ait eu une enquête publique. C’est la preuve qu’on se fiche de ce que pensent les citoyens wallons", clame-t-il.

La version est totalement différente du côté du cabinet de Philippe Henry. On fait valoir que le nouveau permis répond aux griefs qui étaient d’ordre purement juridique. Le nouveau permis prend ainsi en compte l’arrêt Dumont qui impose certaines références juridiques en termes de bruit. "L’autorité peut retirer et délivrer un permis corrigé. C’est une correction de forme. Le permis répond à tous les critères du cadre de référence", souligne Pierre Castelain, porte-parole. Selon lui, une telle initative n’a rien d’exceptionnel.

Suivi acoustique

Le promoteur de ces éoliennes est la société belge Greenwind rachetée il y a quelque temps par EDP, l’équivalent portugais d’Electrabel. "Le chantier fait appel à plusieurs entreprises locales et est mené de manière efficace dans le but de limiter l’impact auprès des riverains", souligne la société dans un communiqué publié hier.

"Les éoliennes font toujours plus de bruit avant leur construction qu’une fois installées", rappelle en outre Frédéric Lanoë, administrateur de Greenwind. "Nous avons toujours eu l’intention de nous conformer à la réglementation wallonne en vigueur, notamment en matière de bruit. La campagne de suivi acoustique imposée par le ministre et confirmée par le nouveau permis est destinée à contrôler le respect de la réglementation. Cette campagne de mesures, qui sera réalisée dans les 12 prochains mois, permettra aux riverains d’obtenir la garantie que les normes de bruit en vigueur seront strictement respectées."

Pas de quoi convaincre Fabian Haccourt… "On accepte que le paysage wallon soit saccagé par des Portugais", lâche-t-il. Dépité…Ariane van Caloen