Les inconnus, y a un blem !

Les inconnus, y a un blem !
Denis Fernand

Ah, les Inconnus. Leur âge ne nous regarde pas, mais ça ne nous rajeunit pas non plus. Ces trois-là ont capté leur époque… médiatique, les années 80 dira-t-on, et puis ils ont poursuivi leur chemin sans convaincre, sauf Campan à un moment.

Cela doit faire près de vingt ans, - comme les Bronzés avant eux - qu’ils entendent la même question : "C’est quand que vous vous reformez ?" et "C’est quand la suite des Trois frères ?".

Lassés d’être tannés ? Pour avoir la paix ? Parce que les pépettes commençaient à baisser ? La voici donc la suite des "Trois frères".

On le sait, tout le monde le sait, si Anderlecht reformait aujourd’hui son légendaire duo d’attaque, Koller et Radzinski, ceux-ci ne toucheraient plus un ballon. Si Sonny and Cher se retrouvaient derrière le même micro (sur une autre planète), ce ne serait plus pareil. Hé oui, the beat goes on. Ceci dit, vingt ans plus tard Indochine n’a rien perdu de son ridicule. (Isabelle a les yeux bleus/Bleus les yeux Isabelle a/Soudain quand elle est partie/J’ai vu qu’elle n’était plus là…)

Donc les Inconnus sont de retour. C’est pas qu’on s’attend à une comédie bouleversifiante, "The Party", "Life of Brian" ou "La grande vadrouille" mais au moins un petit film sympa, un regard bien troussé sur le nouveau siècle, par exemple. Hé bien non, ils ne sont pas arrivés jusque-là. Pas vraiment de trace de Facebook, de la téléréalité, du bio ou de l’iPad génération. Non, c’est plutôt Hibernatus. On les a décongelés et ils livrent une enfilade de sketches des années 80, avec les vannes, les grimaces de l’époque. Personne n’a pensé à leur montrer Depardieu pour mesurer le temps passé.

En attendant, on ne saurait recommander aux nostalgiques comme à ceux que les noms de Bourdon, Campan et Légitimus restent… inconnus, d’aller faire un tour sur youtube.

F.Ds

Réalisation, scénario et interprétation : Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus… 1h46