Des pourvoyeuses d’emploi

Des pourvoyeuses d’emploi
Bruno Boutsen

Saace : cinq lettres pour cet acronyme signifiant structures d’accompagnement à l’auto-création d’emplois. Un secteur, à cheval entre l’économie classique et l’insertion socioprofessionnelle, qui rassemble plusieurs initiatives, lesquelles sont structurées par un décret wallon datant du 5 juillet 2008. L’objectif des Saace est de permettre la réinsertion des demandeurs d’emploi via la création par ces derniers de leur propre activité. Le public visé est donc la plupart du temps fragilisé et, le plus souvent, il s’agit de mettre sur pied des TPE (très petites entreprises). Il n’en reste pas moins que malgré ce que l’on entend régulièrement sur la faiblesse de la Wallonie en matière d’esprit d’entreprise, le secteur a, semble-t-il, le vent en poupe. C’est en tout cas ce qui ressort d’un coup de sonde effectué auprès des quatre Saace que compte la province de Liège.

Il y a peu à Seraing, ces dernières organisaient d’ailleurs de concert un événement commun de réseautage. Car c’est un fait : si les modalités d’action des quatre Saace liégeoises peuvent différer, elles proposent chacune un parcours de réinsertion qui est semblable. Dans le but de mettre en commun leurs compétences et également de mieux se faire connaître, ces dernières ont donc décidé de faire front, notamment en matière de communication. C’est ainsi que, sans trop de souci, nous avons pu rencontrer les responsables des quatre Saace liégeoises lors d’un rendez-vous commun. Et c’est en véritables passionnés de leur secteur que celles-ci ont évoqué leurs spécificités tout en dégageant plusieurs grandes tendances.

Une sélection voulue rigoureuse

Après avoir chacune à leur tour présenté l’essentiel de leurs activités (voir à cet égard ci-contre), nos interlocutrices ont évoqué l’évolution des Saace. Lesquelles accueillent désormais de plus en plus de personnes intéressées par l’auto-création d’emplois. Mais s’ils sont nombreux à franchir la porte d’Alpi, de Créajob, de Job’In ou encore de Step by Steppes (le chiffre de 3700 candidats entrepreneurs est évoqué), la sélection est voulue rigoureuse. "La plupart des personnes viennent avec la volonté de trouver une solution à leurs problèmes", précisent les responsables des quatre Saace liégeoises. À charge pour ces dernières d’orienter au mieux ces personnes, le but final étant de les remettre dans le circuit professionnel.

Un taux de pérennisation élevé

Quant au nombre de personnes ayant bénéficié l’an dernier d’un accompagnement en bonne et due forme, lequel peut donc se traduire différemment d’une structure à l’autre, elles sont au nombre de 623. Plus de deux tiers de celles-ci, soit 447, ont terminé leur parcours d’accompagnement et quant au nombre de créations d’entreprises, il est de 177, ce qui porte à 40 % le taux de création moyen, et ce sur base des accompagnements clôturés. Un chiffre jugé très positivement par les responsables des Saace liégeoises qui mettent également en avant le taux très élevé de pérennisation des activités créées. "En moyenne 90 % des entreprises créées ces trois dernières années sont toujours en activité", soulignent-elles, précisant que "cela comprend des entreprises qui ont un an et d’autres qui en ont deux ou trois". Le taux de survie d’une année à l’autre est donc un peu moins élevé mais cela reste, selon les principales intéressées, tout à fait convaincant.

Ce que ces dernières constatent aussi, c’est une évolution en termes de domaines investigués. Et d’évoquer pêle-mêle la construction, le conseil en communication, les soins de santé, l’agriculture, l’agroalimentaire ou encore l’e-commerce et le bien-être. "Ce qui est essentiel, disent-elles, c’est l’adéquation entre les porteurs de projets et les projets". Et quant au soutien dont le secteur bénéficie du niveau wallon (soit un budget annuel de 2,7 millions pour l’ensemble des Saace), elles estiment qu’il est minime au vu des résultats obtenus par les Saace qui, insistent-elles, participent pleinement à l’économie.Bruno Boutsen

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