Bien plus qu’un catalogue

Duplat Guy

Le traditionnel catalogue est pour l’occasion un livre de référence. Michaël Borremans s’en est occupé tout spécialement. Le livre retrace la carrière du peintre, comprend une longue interview de l’artiste par le commissaire, et, surtout on y lit une cinquantaine de textes rédigés à la demande de Borremans par des écrivains, des commissaires d’expos, des cinéastes et de musiciens tels que David Lynch, Katerina Gregos, Tomas Gunzig, Pascal Gielen, David Van Reybrouck, Caroline Lamarche, Jan Hoet et bien d’autres. Sans oublier l’essentiel : une grande qualité des très nombreuses reproductions des œuvres.

Voici par exemple, des extraits du commentaire du réalisateur Marc Didden sur l’œuvre "The Devil’s dress", la robe du diable (notre photo).

Il raconte avoir rencontré dans un bar près de Flagey, il y a 8 ans, un artiste aussi saoul qu’inconnu qui le harponna en lui demandant : "Donc tu trouves ça (Borremans) un bon peintre ?" Il répondit, pris de court : "Je trouve Borremans un bon peintre précisément parce qu’il peint."

"Aujourd’hui, quelque huit ans après cette scène embarrassante dans un café, je sais très bien ce que signifiait ma réponse : le fait que le dessinateur Michaël Borremans dessine véritablement quand il dessine et que le peintre Michaël Borremans peint véritablement quand il peint me comble de joie chaque fois que je contemple son œuvre- quotidiennement donc. Récemment, je me disais que même si par malheur je devais un jour être atteint de cécité, j’apprécierais encore ses œuvres. Si quelqu’un me racontait dans ce cas que les œuvres accrochées devant moi portent des titres comme ‘The Devil’s dress’, je serais toujours assez heureux pour les apprécier."

A propos de "The Devil’s dress", il ajoute : "L orsque par le jour le plus pluvieux de 2011, j’entrai dans une belle galerie new-yorkaise et me trouvai devant cette œuvre, décidé à rester à la contempler jusqu’à ce que mes vêtements soient entièrement secs, il me fallut incidemment penser à un ami, véritable homme à femmes qui m’avait dit : "Ce qu’une belle femme peut porter de plus beau est une robe rouge, mais chaque fois que j’ai connu une femme qui aimait s’habiller de rouge, elle s’est révélée être une vraie mégère."

G.Dt

Michaël Borremans, "As sweet as it gets", en trois versions (fr, angl, néerl), Hatje Cantz, 49 euros.