L’intrus

L’intrus
Lorfèvre Alain

Avec "Hasta la vista" et son trio de handicapés en sextrip, le réalisateur flamand Geoffrey Enthoven signait une comédie anticonformiste "Halfweg". Son nouveau long métrage est aux antipodes de ce road movie. Réduit à un seul décor - une magnifique maison Art nouveau - il fait, littéralement, du surplace, décevant un brin avec un scénario plus convenu, aux ressorts un brin fastidieux.

Steph (Koen De Graeve, une figure récurrente du cinéma flamand) emménage avec les lambeaux de sa vie dans une demeure de prestige : il s’est fait virer de la boîte de son beau-père après avoir trompé sa femme avec une ambitieuse jeune collègue. Quelle n’est pas sa surprise quand surgit dans son salon Theo (Jurgen Delnaet), entièrement nu, une serviette de bain nouée autour de la taille, qui lui demande de quitter "sa" maison…

Huis clos digne d’une pièce de théâtre, "Halfweg" est une comédie qui lorgne un peu du côté de certains classiques, comme "Le fantôme de Mme Muir". On devine très vite le ressort, on pressent l’épilogue et les rebondissements sont si longuement mis en place qu’on a tout le temps de les anticiper. C’est le film lui-même qui, comme Theo, est "Halfweg", au milieu du chemin, entre comédie et drame, hésitant entre un certain burlesque de situation et une tension plus dramatique.

Reste les comédiens, tous parfaits et dans le ton. On retrouve parmi les seconds rôles Veerle Baetens - en route pour les Oscars avec le "Broken Circle Breakdown" de Felix Van Groeningen - ou le jeune et épatant Gilles De Schrijver déjà à l’affiche de "Halfweg". Réduit d’un bon quart d’heure, le film aurait gagné en impact.A.Lo.

Réalisation : Geoffrey Enthoven. Scénario : Pierre De Clercq. 1h55