Les croisés anti-éo liens

van Caloen Ariane
Guido Van Velthoven, de Gesves, s'oppose à l'implantation d'un champ d'éoliennes qui devrait bientôt être érigé sur le territoire de sa commune.
Guido Van Velthoven, de Gesves, s'oppose à l'implantation d'un champ d'éoliennes qui devrait bientôt être érigé sur le territoire de sa commune. ©Alexis Haulot

Témoignages Ariane van Caloen Elle s’appelle la "norme sectorielle pour les éoliennes et parcs éoliens". Elle a été adoptée le 20 février par le gouvernement wallon. Une fois qu’elle sera publiée au Moniteur, elle autorisera les parcs éoliens à faire monter la pression sonore nocturne à 43 dBA, supérieure à celle retenue par le Conseil d’Etat dans le récent arrêt Dumont. Elle a provoqué des levées de boucliers chez tous ceux qui s’opposent à la politique éolienne du gouvernement wallon, et en particulier à celle du ministre de l’Aménagement du territoire, Philippe Henry (Ecolo), surnommé l’"Ayatollah Henry".

Ces opposants sont des riverains, proches ou lointains, qui utilisent tous les recours possibles pour ne pas avoir un mât de 150 m de haut au bout de leur jardin. Leur combat contre ces moulins à vent trop bruyants et trop lumineux la nuit est acharné. Quand ils racontent ce qu’ils vivent, il y a de l’émotion dans la voix. Et de la fureur contre les décisions politiques et les discours, à leurs yeux faussement écologiques, des promoteurs. "Ce qui nous dérangeait le plus, c’est la déstructuration paysagère. On ne savait pas encore à quoi il fallait s’attendre en termes de nuisance sonore", raconte Guido Van Velthoven, cofondateur de Vent de Raison, association de fait contre l’implantation "anarchique" des éoliennes en Wallonie.

Sa femme et lui ont commencé à se mobiliser en 2006, quand le projet de construire douze éoliennes près de chez eux, à Gesves, en plein Condroz, est apparu. Ce projet émanait de Windvision, "une société hollandaise qui a son siège à Chypre". Ils ont donc entamé une croisade, découvrant ce qu’ils considèrent comme les aberrations du système. "Le promoteur, qui a déjà pris des contacts avec les propriétaires terriens pour installer ses éoliennes, demande d’organiser une réunion préalable. Ce qui est bizarre, c’est que la commune ne peut pas refuser", souligne Guido Van Velthoven. Ce même promoteur peut proposer jusqu’à 15 000 euros par an par éolienne pour la location du terrain. Et contrairement au Danemark, il ne devra pas payer d’indemnisation aux riverains pour la dévaluation du prix de leur maison (estimée selon eux à 30 %). Deuxième étape, l’étude d’incidence, réalisée par un bureau choisi par le promoteur. "Nous avons rapidement découvert le manque d’indépendance de ces bureaux." Guido Van Velthoven dénonce notamment les "observations limitées sur les couloirs de migration des oiseaux". Et les "incidences sur les hommes ne sont même pas traitées". Dans les 1500 lettres écrites contre le projet de Gesves, les signataires se plaignent "du simulacre de l’étude d’incidence". Il y a sept ans, le promoteur a retiré son projet. Il en a introduit un nouveau pour 6 éoliennes (au lieu de 12), mais plus puissantes. Le combat continue pour les riverains.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...