La Seconde Guerre mondiale adoucie à travers les yeux d’un enfant

Heyrendt Hubert

Le sort s’est acharné sur Liesel. Orpheline, la petite débarque chez ses parents d’accueil : le brave Max Hubermann et la faussement tyrannique Rosa. On est dans une petite ville de Bavière en 1938 et il ne fait pas bon afficher son opposition au régime nazi… Pour supporter la guerre qui s’annonce, Liesel se réfugie dans la lecture…

Autodafés, inquiétude sourde, violence policière, résistance, massacre des Juifs… Il ne manque rien dans cette transposition au grand écran du roman-jeunesse à succès de l’Australien Markus Zusak. Ce n’est plus un film, c’est un cours d’histoire "pour les nuls". Confiée à Brian Percival (qui a fait ses armes sur la série "Downtown Abbey"), cette adaptation se révèle aussi grandiloquente que tarte à la crème. Dans cette reconstitution historique appuyée, tout fait toc. Pas seulement les décors ou les costumes; les comédiens aussi. Geoffrey Rush et Emily Watson ne sont pas en cause; mais ils ne sont pas servis par des dialogues plats et artificiels, écrits dans un sabir truffant l’anglais de mots allemands…

"La Voleuse de livres" illustre à nouveau un axiome bien connu : les bons sentiments font rarement de bons films… Sous prétexte de s’adresser aux plus jeunes, le film donne à voir la barbarie nazie de façon désincarnée, affadie. Dès lors, le film n’a strictement rien à nous en dire sur les enjeux moraux de la période…H.H.

Réalisation : Brian Percival. Scénario : Michael Petroni . Avec Geoffrey Rush, Emily Watson, Sophie Nélisse… 2h11.