Une volonté de fer

Denis Fernand

Il faut voir le regard de Julien quand il observe l’hélico ramenant son père ce héros, spécialiste des boulots extrêmes. Il faut voir aussi le regard de Julien quand il voit son papa lui lancer un petit signe et filer au bistrot. Entre le père très physique et son fils collé à sa chaise roulante, le courant n’est jamais passé. Alors maman a occupé toute la place; elle a materné, choyé son poussin.

Mais aujourd’hui, le gamin a 18 ans, le père a perdu son boulot et la vie dans leur chalet paradisiaque est un enfer. Alors Julien a une idée : convaincre son père de redevenir Ironman avec lui. Autrement dit de faire ensemble cette course où l’on enchaîne sur la même journée 3,8 km de nage en mer, 180 km de vélo en montagne et un marathon pour terminer. Quand on a passé l’âge et qu’on fume, c’est déjà dingue de penser pouvoir redevenir un triathlète. Mais s’il faut, en plus, tirer un canot avec le fils dedans, installer un siège passager sur le vélo et pousser le fauteuil roulant pendant 42 km : c’est impossible. A moins de fréquenter le même boucher que Contador ou d’obtenir un rendez-vous chez le médecin d’Indurain.

Néanmoins, père et fils vont se lancer dans l’excitante aventure. Pas pour le spectateur confronté à un film convenu dont chaque louable intention est surlignée à l’écran. Jacques Gamblin y met toutes ses forces, Alexandra Lamy tout son cœur et le jeune Fabien Héraud tout son désir; mais après "Intouchables" et "Gabrielle", ce genre de téléfilm édifiant dopé à la sensiblerie, ça ne fonctionne plus. Quelle que soit la sincérité de Nils Tavernier.

F.Ds

Réalisation : Nils Tavernier. Avec Jacques Gamblin, Alexandra Lamy, Fabien Héraud… 1h30

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