Bluette ado

Bluette ado
Heyrendt Hubert

Hazel Grace nous prévient d’emblée : elle ne nous racontera pas la classique romance adolescente, "où les crises se finissent avec une chanson de Peter Gabriel". Et pour cause, son histoire ne pourra qu’être brève et la fin tragique. Atteinte d’un cancer en phase terminale, elle a rencontré son boyfriend dans une thérapie de groupe pour ados cancéreux… Il la fait rire en adoptant un regard détaché sur la maladie, tandis qu’il est prêt à tout pour réaliser son rêve : s’envoler pour Amsterdam pour rencontrer Peter Van Houten, l’auteur de son roman de chevet…

Contrairement à la mise en garde du départ, jamais le film ne nous proposera une histoire crue, réaliste. Au contraire, il enfonce à peu près toutes les portes ouvertes imaginables quand il s’agit de traiter un sujet aussi délicat que celui de jeunes condamnés à la mort. Ce n’est pas seulement que la mise en scène de Josh Boone soit sans génie… Tout est tellement appuyé qu’il n’y a plus de place pour le spectateur. Croulant sous une avalanche d’émotions surlignées par une bande originale sirupeuse, "The Fault in Our Stars" ne parvient jamais à nous émouvoir. Un comble !

Pour incarner cet amour tragique, on retrouve deux jeunes comédiens de "Divergente" : l’excellente Shailene Woodley (que l’on reverra dans un univers ado plus intéressant, celui de Greg Araki, dans "White Bird in a Blizzard") et l’insipide Ansel Elgort.

On comprend sans peine que le roman original du blogueur américain John Green connaisse un vrai succès auprès des adolescents, par son romantisme exacerbé, ses dialogues sursignifiants (tout en métaphores et symboles), ses références artistiques convenues (de Shakespeare pour le titre à la pipe de Magritte en passant par Anne Franck). Mais à l’écran, ça ne passe pas, tout sonne faux ! La comparaison avec le très beau "Restless" est sidérante. Contant lui aussi la fin de vie d’une jeune fille en phase terminale, Gus Van Sant parvenait toujours à trouver l’émotion juste, sans chercher à en rajouter dans le tire-larmes. N’empêche, aussi sirupeux soit ce drame adolescent, les fans du roman seront sans aucun doute au rendez-vous. Aux États-Unis, le film a déjà rapporté 80 millions de dollars (pour un budget de 12 millions).

H.H.

Réalisation : Josh Boone. Scénario : Scott Neustadter&Michael H. Weber (d’après le roman de John Green). Photographie : Ben Richardson. Avec Shailene Woodley, Ansel Elgort, Laura Dern, Willem Dafoe… 2 h 05.