Envie de daube, cette semaine ?

Envie de daube, cette semaine ?
Denis Fernand

Le livre fut la liste des envies de millions de lecteurs dans le monde, porté par un bouche-à-oreille qui ne devait rien au marketing. Il a surpris la profession, doublé la critique, transformé un inconnu en auteur de best-seller. C’est son éditeur Jean-Claude Lattès qui avait tiré le gros lot en publiant Grégoire Delacourt dont le roman apportait à son lecteur une surprenante réponse à une question qu’il s’était où qu’on lui avait posée. Qu’est-ce que je ferais si je gagnais au lotto ?

En effet, la petite mercière d’Arras - ville très mode au ciné cette année - rédige une liste de ses envies mais décide de ne rien faire, de planquer son chèque de 18 millions dans une chaussure. On peut dire que Didier Le Pêcheur, réalisateur anonyme - ou plutôt retombé dans l’anonymat après deux longs métrages prétentieux - a gardé le fil conducteur. Lui aussi a décidé de ne rien faire. Il a décroché l’adaptation de ce livre au potentiel énorme mais il tourne un film qui ne casse rien, même pas 18 briques. Il a pris Mathilde Seigner qui ne change même pas un petit trois fois rien à son jeu pesant, gnangnan, purulent de bons sentiments. Le mari, c’est Marc Lavoine, comme acteur c’est moins que rien. Pas un titre à sauver dans sa filmographie où, inlassablement, il incarne le bellâtre avec des yeux revolver.

Là où Grégoire Delacourt arrivait à dire quelque chose sur un cliché "l’argent ne fait pas le bonheur", à dépeindre une réalité sociale; notre trio plombe l’écran de ce téléfilm balourd qui ne donne jamais envie.

F.Ds Réalisation, scénario : Didier Le Pêcheur d’après le roman de Grégoire Delacourt. Avec Mathilde Seigner, Marc Lavoine, Virginie Hocq… 1h38