La philo pour les nuls

Lorfèvre Alain
La philo pour les nuls

Question existentielle pour cinéphiles : vaut-il mieux un film réalisé par un philosophe qu’un film sur la philosophie ? Entre BHL et ceci, notre esprit ne balance pas, complètement anesthésié.

"The Philosophers", c’est l’histoire d’un prof qui, en guise de dernier cours, propose à ses petits génies un exercice qui tient de la télé-réalité : vous êtes vingt le jour de l’apocalypse nucléaire et le bunker le plus proche ne peut contenir que dix personnes. Qui garder ? Qui sacrifier ?

La philosophie se réduit donc ici au darwinisme de télé-réalité : priorité aux ingénieurs, aux charpentiers, aux agriculteurs dans un premier temps, à ceux capables de se reproduire dans un second,… Même si on évite d’être bégueule, il y a deux hics. Soit ce film veut vulgariser la philo, auquel cas, il est à côté de l’agora : c’est quoi ce prof qui truque les règles pour réussir sa démonstration ?

Soit il veut faire dans le spectaculaire, mais dès lors qu’on sait que c’est purement théorique (même si l’affiche vend le contraire), il n’y a ni suspense ni enjeu. Autant se remater "Lost" ou "Battle Royale". Ou, au confluent (et à la source), "Sa Majesté des Mouches", autrement réflexif sur le sujet. Ici, c’est plutôt United Colors of Benêton au Club Med de Djakarta. Pas très éloigné du cinéma de BHL, en somme.

A.Lo.

Réalisation et scénario : John Huddles. Avec James d’Arcy, Sophie Lowe, Daryl Sabara,… 1h47