Western scatologique

Western scatologique
Heyrendt Hubert

Après s’être fait un nom dans l’univers du dessin animé (on lui doit notamment la série "American Dad"), Seth MacFarlane a conquis le grand public grâce à "Ted". C’est lui en effet qui a imaginé et donné sa voix à ce Teddy-bear vulgaire, dragueur et buveur, qui faisait un duo avec Mark Wahlberg dans le succès surprise de l’été 2012. Un succès qui permet aujourd’hui à MacFarlane de revenir avec "Albert à l’Ouest", son second film comme réalisateur. Et cette fois, il ne se cache plus derrière une peluche : il tient le premier rôle en chair et en os.

MacFarlane est donc Albert, éleveur de moutons en 1882, dans un bled de l’Arizona, au pied de Monument Valley. Le paysage symbolise à lui seul le western hollywoodien mais Albert n’a rien de John Wayne. Il déteste le Far West, sur lequel il porte un regard sans concession. Il s’agit pour lui du trou du cul du monde, un endroit sale, rempli de péquenauds et où on peut se faire tuer d’un million de façons différentes ! Quand sa petite amie, le trouvant trop lâche, s’en va avec le patron d’une boutique spécialisée dans la moustache, il décide de tout plaquer pour tenter sa chance à San Francisco. Ses plans sont contrecarrés par l’arrivée en ville de la sublime Anna (Charlize Theron), la femme de Clinch Leatherwood (Liam Neeson), l’homme plus dangereux de la région…

Répétitif, ce western parodique fonctionne sur un seul registre : celui de l’anachronisme. Le regard d’un bobo urbain du XXI e siècle sur le mythe fondateur américain est plutôt amusant et potentiellement transgressif. Il ne s’agit malheureusement que d’un prétexte pour livrer une nouvelle comédie bien crado. Si l’on sourit aux quelques bonnes trouvailles et aux clins d’œil (notamment à "Retour vers le futur" et "Django Unchained"), "Albert à l’Ouest" est miné par son incapacité à quitter le premier degré et par son goût immodéré pour la scatologie. Pisse, pets, diarrhée, sperme… Rien ne nous est épargné dans cette comédie post-adolescente d’une platitude rare. Au point qu’on est presque gêné par moments de voir jusqu’où MacFarlane est prêt à s’abaisser pour flatter les plus bas instincts des spectateurs… H. H.

Réalisation : Seth MacFarlane. Scénario : Seth MacFarlane, Alec Sulkin & Wellesley Wild. Photographie : Michael Barrett. Musique : Joel McNeely. Avec S. MacFarlane, Charlize Theron, Amanda Seyfried, Liam Neeson, Neil Patrick Harris… 1 h 56.