Ça décoiffe !

Laurent Patrick

Des effets spéciaux impressionnants pour un insipide film de tornades.

Pour les habitants de Silverton, les terribles tornades qui s’abattent sur la ville constituent une catastrophe. Rien ne résiste à une telle puissance dévastatrice, aucun endroit n’est sûr. Pour d’autres, par contre, il s’agit d’une occasion unique d’immortaliser des images jamais vues.

On cherche toujours à comprendre pourquoi "Into the Storm" (titre original) a été francisé en "Black Storm". Cela défie toute logique. Et ne rend pas plus attractif ce "Twister" (1996) moderne, à l’intrigue sensiblement identique mais aux effets spéciaux (forcément) beaucoup plus percutants.

Histoire de rester dans le vent, le réalisateur de "Final Destination 5", Steven Quale, mélange reportages de télé, pure fiction et fausses images tournées par les protagonistes, sans aller au bout de sa logique comme dans "The Blair Witch Project".

L’intrigue, très lente (un directeur d’école veut sauver ses enfants dont il s’est éloigné tandis qu’un réalisateur de documentaire ne cherche qu’à entrer dans l’œil d’une tornade pour passer à la postérité) ne présentant absolument aucun intérêt, il faut attendre (parfois longtemps) les séquences de tourbillon pour frissonner dans son fauteuil. Et là, il faut bien reconnaître que c’est impressionnant. Le réalisme inouï des tempêtes, des destructions de buildings (dont les briques sont littéralement effeuillées par les vents déchaînés) ou l’envol des voitures en met plein la vue. Ces scènes-là sont terrifiantes.

Dommage qu’il faille subir quelques exagérations assez grotesques (tous les avions d’un aéroport emportés par une tornade ou un feu relayé jusqu’au ciel par les vents tourbillonnants) et un récit insipide entre ces passages décoiffants.

P.L.

Réalisation : Steven Quale. Avec Richard Armitage, Sarah Wayne Callies, Jeremy Sumpter. 1 h 29