Les Ecossais n’ont pas voulu, ou osé, aller jusqu’au bout

Le Bussy Olivier
A lone YES campaign supporter walks down a street in Edinburgh after the result of the Scottish independence referendum, Scotland, Friday, Sept. 19, 2014. Scottish voters have rejected independence and decided that Scotland will remain part of the United Kingdom. The result announced early Friday was the one favored by Britain's political leaders, who had campaigned hard in recent weeks to convince Scottish voters to stay. It dashed many Scots' hopes of breaking free and building their own nation. (AP Photo/PA, Stefan Rousseau) UNITED KINGDOM OUT, NO SALES, NO ARCHIVE
A lone YES campaign supporter walks down a street in Edinburgh after the result of the Scottish independence referendum, Scotland, Friday, Sept. 19, 2014. Scottish voters have rejected independence and decided that Scotland will remain part of the United Kingdom. The result announced early Friday was the one favored by Britain's political leaders, who had campaigned hard in recent weeks to convince Scottish voters to stay. It dashed many Scots' hopes of breaking free and building their own nation. (AP Photo/PA, Stefan Rousseau) UNITED KINGDOM OUT, NO SALES, NO ARCHIVE ©AP

Royaume-Uni Ils ont voté, par référendum, pour le maintien de leur pays dans le Royaume-Uni.L’Ecosse a passé une nuit blanche dans l’attente des résultats du référendum au cours duquel 4,2 millions de votants ont été appelés à se prononcer pour ou contre l’indépendance du pays. Le jeudi 18 septembre, les Ecossais se sont mobilisés comme jamais auparavant pour ce scrutin historique, dont le taux de participation a atteint un record de 84,6 %. Les sondages prédisaient un résultat serré, au final, le "No" l’a emporté plus largement qu’attendu - 55,3 % contre 44,7 % au "Yes" - consacrant le maintien de l’Ecosse au sein du Royaume-Uni.

Vers 1 h 30 locales (2 h 30 belges), les premiers résultats, ceux du Clackmannanshire, avaient donné une première indication de la tendance : 53,80 % pour le non. Au cours de la nuit, le "No" est sorti en tête dans toutes les circonscriptions, sauf rares exceptions près, dont Glasgow et Dundee. Mais Edimbourg, siège du Parlement écossais, s’est largement prononcée pour le non, à 61 %.

A 6 h 24 (locales), l’annonce des résultats du Comté de Fife a définitivement assuré la victoire du "No", qui ne pouvait plus être remise en cause par les résultats des six comtés où se poursuivait le dépouillement manuel.

Vers 6 h 30, le camp du "Yes" a concédé sa défaite. "L’Ecosse a décidé, à la majorité, de ne pas devenir, à ce stade, un pays indépendant", a déclaré à Edimbourg le leader du Scottish National Party Alex Salmond. "J’accepte ce verdict des urnes et j’appelle tous les Ecossais à faire de même", a-t-il ajouté, contenant avec peine son émotion. Le chef de file indépendantiste a donc échoué à atteindre l’objectif d’une vie politique. Il a annoncé, dans l’après-midi, qu’il démissionnait de son poste de "First minister".

Défaite amère pour le "Yes"

Pour les partisans du "Yes", le verdict des urnes est particulièrement amer. Longtemps devancé dans les enquêtes d’opinion, le camp de l’indépendance a cru sa chance venue, il y a une semaine, quand un sondage a donné le ‘Yes" vainqueur, pour la première fois en deux ans. De plus, tout au long de la campagne, c’est le camp du "Yes" qui a pris l’initiative et occupé le terrain cantonnant celui du "No" au domaine de la réaction.

Que le non l’ait finalement confortablement emporté s’explique par un attachement sincère des Ecossais au Royaume-Uni. Mais la victoire du "Better Together" s’est d’abord nourrie des inquiétudes de nombreux votants. Les promesses d’une Ecosse indépendante prospère ne reposaient-elles pas sur des chimères ? Quid de la possibilité de conserver la livre ? De son adhésion à l’Union européenne ? A l’Otan ? Les réponses des indépendantistes n’ont pas levé les doutes des indécis. S’engageant, à quelques jours du scrutin, à accorder une plus large autonomie à l’Ecosse, les partis conservateur, libéral-démocrate et travailliste ont achevé de convaincre une majorité d’Ecossais à ne pas lâcher la proie pour l’ombre.

A court terme, ce coup de poker s’est avéré payant. "Il est temps pour notre Royaume-Uni de se rassembler et d’aller de l’avant", a déclaré, soulagé, le Premier ministre Cameron. La question de l’indépendance de l’Ecosse, estime le conservateur est réglée pour "une génération". Mais l’affaire n’est pas close. "La campagne du oui continue" et "le rêve ne mourra jamais", a déclaré le démissionnaire Salmond.

Mais le référendum écossais a aussi ouvert une autre boîte de Pandore : celle de la fédéralisation rampante d’un Etat où le pouvoir était concentré à Westminster. Tôt ou tard, les Gallois, les Irlandais du Nord, mais aussi les Anglais réclameront le droit de prendre, seuls, des décisions qui ne concernent qu’eux. L’intégrité du Royaume-Uni est préservée. Mais il ne sera plus jamais pareil.Olivier le Bussy

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