Indignation générale contre la bourse des mères porteuses

Hovine Annick

MenHavingBabies a vanté la gestation pour autrui (GPA) commerciale hier à Bruxelles.

Une quarantaine de partisans du mouvement "No Maternity Traffic" (*) s’étaient levés dès potron-minet, dimanche, pour dénoncer la tenue, place Royale à Bruxelles, d’un colloque dédié aux homosexuels désireux d’avoir des enfants.

Objectif de l’association américaine, MenHavingBabies (MHB), à l’initiative de l’événement : donner un aperçu, aux couples homosexuels, de toutes les possibilités existantes en termes de gestation pour autrui (GPA) commerciale aux Etats-Unis.

"GPA = grossesse pour achat…"

Les manifestants brandissaient des pancartes hostiles à la promotion "purement commerciale" de la pratique des mères porteuses avec des slogans éloquents : "Baby on amazon.com, no thanks"; "GPA = grossesse pour achat"; "Stop GPA"

"No Maternity Traffic" voit dans la pratique commerciale de la GPA une nouvelle forme de traite d’êtres humains : les enfants sont l’objet de contrats en vue de leur conception et de leur abandon par leur mère, et de leur adoption ultérieure.

Il est "inacceptable" que des entreprises américaines puissent faire leur publicité en Belgique, alors que notre pays tente de créer un cadre légal pour éviter précisément la GPA commerciale, protestait une des "sentinelles" devant le BIP.Brussels, la Maison de la Région où se tenait le colloque. La députée MR Anne-Charlotte d’Ursel s’insurge d’ailleurs contre le fait que le BIP "ait pu être loué par une organisation assurant la promotion de la gestation pour autrui commerciale". Elle interpellera le ministre-président Rudy Vervoort (PS) à ce sujet.

70 Belges inscrits

Selon Anthony M. Brown, un des responsables de ManHavingBabies, plus de 200 personnes, dont une septantaine de Belges, se sont inscrites à ce colloque. Les autres participants venaient essentiellement des Pays-Bas, d’Allemagne, de Suisse, de Bulgarie et du Royaume-Uni.

Si aucune organisation belge n’a pris part à cet événement très décrié, une vingtaine de cliniques privées et services d’intervention américains (Extraordinary conceptions, Worldwide Surrogacy…) avaient fait le déplacement.

Plusieurs personnalités et partis politiques ont exprimé leur indignation. Ainsi, le CDH a regretté "avec force" la tenue d’"une bourse des mères porteuses" qui s’inscrit dans une logique purement commerciale.

Dans un communiqué, le CDH dit s’opposer à toute forme de marchandisation du corps humain. "Il est inacceptable de constater que d’aucuns importent ainsi dans notre pays un modèle qui a pour effet de développer le business existant autour de la gestation pour autrui et d’enrichir les intermédiaires tout en considérant les mères porteuses comme des machines à faire des enfants."

De son côté, la députée SP.A Karin Jiroflée juge ce colloque "répréhensible". Dans une réaction livrée à l’agence Belga, elle déclare elle aussi que la gestation pour autrui commerciale est semblable à de la traite d’êtres humains, d’enfants en particulier.

An.H.

(*)"No Maternity Traffic" est une initiative lancée par "L’Union internationale pour l’abolition de la gestation pour autrui", fondée à l’initiative d’associations comme Action pour la Famille/Actie voor het gezin, European Center for Law and Justice, la manif pour tous…