Les 30 ans du Ianchelevici et Claudine Ropsy

Roger Pierre Turine

Le Musée dédié, à La Louvière, à Idel Ianchelevici fête et innove. Valérie Formery, sa directrice, lorgne toujours plus vers l’actualité.

SITUÉ AU CŒUR DE LA VILLE des loups, le Musée Ianchelevici préserve, depuis 1987, le souvenir d’un sculpteur d’origine roumaine, Idel Ianchelevici (1909-1994).

Nonobstant le respect dû à un homme que la ville honora dès 1939 en lui achetant "L’Appel", premier monument d’art public in fine installé en 1945, dont elle assure la pérennité de l’œuvre en montrant, au musée, un ensemble de ses sculptures et dessins, l’actualité des arts pousse la directrice à innover en débordant l’allure monographique du lieu par l’offre, à l’étage, d’expositions temporaires d’artistes actuels.

Et, en 2017, l’occasion était belle d’y proposer une saison ouverte à la diversité. Une manière adéquate d’attirer au musée un public que l’éclectisme des intervenants prédisposera à ouvrir un œil plus lucide sur ce qui se réalise aujourd’hui et n’est point aussi abscons que d’aucuns l’affirment.

Ianchelevici et Claudine Peters-Ropsy

L’idée développée par Valérie Formery se joue sur deux espaces : "Au rez-de-chaussée, la collection permanente de Ianchelevici est valorisée par la mise en parallèle des pièces à conviction du sculpteur et des apports d’artistes venus relever le défi de se situer en marge d’un créateur du passé.

"Quatre intervenants seront de la fête à tour de rôle : Claudine Peters-Ropsy, Aimé Mpane, Dany Danino, enfin le Bordelais Régis Pedros, dont le frère est un chorégraphe louviérois qui donnera un spectacle au cours du vernissage du 27 octobre.

"30 ans, c’est aussi l’occasion de rajeunir la façade du musée, trop austère et symétrique, grâce à un partenariat avec Arts au Carré de Mons et l’atelier de Jean-François Octave.

"Des expos plus monographiques émailleront l’année. Elles présenteront un lien entre l’invité et l’hôte du lieu. Ainsi, Mpane, qui investira tout le musée, est un Congolais et Ianchelevici vécut trois ans en Afrique avec une vision anti-colonialiste.

"En juin, il y aura une expo de Baudouin Oosterlynck, artiste collectionneur curieux de tout et passé maître dans l’art des sons. Enfin, en octobre, Léopold Survage (1879-1968) rencontra Ianchelevici alors que tous deux, en 1958, décoraient le Palais des Congrès de Liège. Une amitié entre eux s’y est soudée."

Actuellement, Claudine Peters-Ropsy occupe, de belle façon très minimaliste, les espaces permanents du musée et sa confrontation avec l’œuvre du sculpteur maison s’y fait en douceur et complicité. Ce n’était pas tâche évidente et l’artiste d’Ohain s’y montre à son avantage par la modestie marquante d’interventions sourdes aux complaisances. Une rencontre heureuse.

Roger Pierre Turine

Musée Ianchelevici, 33, place Communale, 7100 La Louvière. Jusqu’au 12 mars (Peters-Ropsy). Infos : 064.28.25.30 et www.ianchelevici.be