Le Museum Lab repousse les frontières du réel

Mons Le BAM de Mons héberge des start-up qui expérimentent des projets innovants.

L’époque où l’on ne pouvait que s’extasier statiquement devant une œuvre d’art figée est révolue. Au BAM de Mons, les visiteurs peuvent désormais faire pousser des villes ou se balader à travers une peinture. Des prouesses technologiques, culturelles et immersives que des start-up ont mises au point au sein du Museum Lab.

Plusieurs laboratoires

Depuis plusieurs mois en effet, Drag On Slide et Atlas expérimentent des inventions avec le musée pour terrain de jeu. "Les entreprises ont besoin d’être sur le terrain pour voir comment le public réagit à leurs idées de services ou de produits, explique Bérengère Fally, responsable du Museum Lab. Il y a plusieurs laboratoires comme ça. Un sur la santé du côté de Liège, un autre sur la gastronomie à Namur. Et à Mons, nous sommes sur la culture, car nous avons prouvé que nous avions un territoire fertile pour toutes les entreprises créatives et culturelles." Deux expériences sont donc en cours. "Un projet s’est mis en place dans le cadre de l’expo sur le surréalisme avec Drag on slide, start-up montoise qui travaille sur le serious gaming, poursuit Bérengère Fally. Drag on Slide voulait développer un produit permettant aux personnes malvoyantes d’accéder plus facilement à la culture. Grâce à la géolocalisation par le son, ils ont créé un produit qui permet de se déplacer dans l’espace en entendant des sons qui correspondent aux éléments représentés sur une œuvre d’art. Ils ont pu développer et peaufiner leur projet au sein du BAM."

Des expériences inédites

De son côté, Atlas fait entrer le cabinet des curiosités en plein XXIe siècle. "L’équipe d’Atlas travaille sur un projet qui croise art et technologie en réunissant des maquettes réelles et des mondes virtuels interactifs, précise la responsable du Museum Lab. Atlas a mis au point une expérience numérique et poétique qui passe par un casque virtuel et qui permet de semer des maisons et de faire pousser des villes autour de soi, comme si c’était des végétaux." Les start-up qui ont éprouvé leurs projets au sein du Museum Lab pourront ensuite le proposer à d’autres musées et espaces culturels. De son côté, le BAM profite de cette collaboration pour proposer à ses visiteurs des expériences inédites. "Le Museum Lab rencontre ainsi des objectifs à la fois économiques, mais aussi culturels en permettant d’ouvrir le pôle muséal à l’extérieur", conclut Bérengère Dally.Grégoire Lalieu