"Distribuer des machines sans personnes-ressources ne sert à rien"

Quels sont les ingrédients d’une utilisation réussie des outils numériques dans l’enseignement ? Sur la question, Philippe Van Ophem et Daniel Verougstraete en connaissent un rayon. Leur ASBL EducIT est à l’origine de l’opération "Rentrée numérique" lancée dans quatre écoles pilotes en 2019-2020, rejointes par onze autres cette année. D’ici juin 2023, 100 écoles auront été embarquées en tout. Le concept consiste à former et accompagner les enseignants, à équiper ceux-ci et les élèves et à mettre en place une plateforme informatique pour le contact entre tous.

"L’outil numérique fait évoluer la manière d’enseigner, relève Philippe Van Ophem, qu’un nouveau rapport d’évaluation du processus vient de conforter dans cet avis. Il apporte une réponse efficace à la nécessité d’organiser un enseignement différencié."

Les élèves de 4e secondaire qui ont participé à la première année du projet dans les écoles pilotes ont été sondés à leur tour, comme les enseignants l’avaient déjà été l’été dernier. Dans le nouveau rapport livré par la Fondation Roi Baudouin qui soutient l’opération, entre autres mécènes, les effets positifs du dispositif sont détaillés. Côté élèves, neuf sur dix se disent plus confiants en leurs compétences numériques. Près d’un sur deux estime que l’appareil individuel a changé en mieux ses conditions d’apprentissage, en termes de plaisir, d’autonomie, et de capacité à se faire comprendre et à s’organiser.

Le jeu en vaut la chandelle

Seulement, cette sauce ne peut prendre sans une implication forte de tous les participants au projet dont le référent numérique de l’école. "Il faut des personnes-ressources, dit Daniel Verougstraete. Distribuer des machines sans accompagnement ne sert à rien." Le suivi des enseignants sur la durée fait même partie des clefs du succès. Et le jeu en vaut la chandelle.

"Grâce à ce dispositif, j’ai pu organiser un vrai enseignement différencié pour mes élèves, témoigne Virginie Beys, prof de math en technique et professionnel à l’institut Don Bosco (Bruxelles), impliquée dans le projet dès 2019. Ceux qui veulent avancer le peuvent via des exercices spécifiques. Du coup je peux aider les élèves en difficulté. Même l’ambiance en classe s’est améliorée."

M.Bs