Parquer son vélo en toute sécurité dans le garage de son voisin avec Roof

Lancée il y a quatre mois, la plateforme abrite 170 places. Et en cherche activement.

Parquer son vélo en toute sécurité dans le garage de son voisin avec Roof

La majorité des immeubles de bureaux et tous les complexes de logements neufs disposent d’emplacements sécurisés pour déposer son vélo. Mais c’est loin d’être le cas de la grande majorité des logements anciens qui, à Bruxelles, composent le gros du parc. Certes, il y a bien les bulles à vélos métalliques proposées par l’ASBL CycloParking, qui se multiplient ici et là en rue (près de 2 800 vélos aujourd’hui abrités), mais la liste d’attente est longue : deux ans, voire plus dans certaines communes.

C’est sur ce constat, et peut-être en ayant en tête l’initiative lancée il y a quelques années par BePark pour les voitures, qu’un quatuor de presque trentenaires, Louis de Moffarts, Charles-Antoine Boels, Ignace et Camille de Bruyn, ont imaginé Roof. Soit une plateforme qui mettrait en relation des propriétaires de garages inutilisés et des cyclistes en quête d’un emplacement sécurisé pour y déposer leur vélo. Surtout s’il s’agit d’un vélo électrique, d’un vélo-cargo, ou tout simplement d’un… trop beau vélo. Car en moyenne, 32 vélos sont volés chaque jour en région bruxelloise.

Dix-sept garages dans six communes…

Les premières discussions, ils les ont eues il y a un an, suivies d’un test effectué en septembre et octobre dernier. "Depuis mars, on a mis un coup d’accélérateur, indique Louis de Moffarts, et véritablement attaqué le marché : prise en location de garages, efforts marketing…" À ce jour, leur portefeuille compte 17 garages pouvant accueillir en moyenne 10 vélos. Ils sont situés à Schaerbeek, Etterbeek, Ixelles, Saint-Gilles, Forest et Uccle. "La demande est là, détaille-t-il, l’offre aussi, mais elle prend plus de temps à se confirmer. On a une cinquantaine de garages en vue, mais on doit s’assurer qu’ils conviennent en termes de localisation, de gabarit, d’accessibilité… Ce qui prend le plus de temps, c’est, dans le cas de copropriétés, d’obtenir l’accord des copropriétaires ou du syndic."

Dès que c’est fait, les choses peuvent aller très vite. Roof se charge de la signature du bail, de la fixation au sol d’arceaux ou de racks, de l’installation d’un boîtier sécurisé pour abriter les clés du garage ou le badge si celui-ci ne bénéficie pas d’un digicode, et de mettre la nouvelle adresse sur la plateforme. "Les cyclistes reçoivent les instructions et un plan d’accès via la plateforme. Nous assurons les lieux mais les vélos doivent l’être par les propriétaires. La location se fait au mois, avec un préavis d’un mois. Selon la localisation, nous nous acquittons de loyers entre 80 et 140 euros par mois, indépendamment du taux de remplissage, et nous demandons aux cyclistes une contribution mensuelle entre 10 et 20 euros. On est moins compétitif que CycloParking (6 euros/mois) mais on n’est pas subsidié. Et pour l’heure, on tourne sur fonds propres."

… une centaine dans un an

Si Roof n’envisage pas de levée de capital à court terme mais bien un prêt auprès d’un organisme régional, elle pourrait, un jour, y arriver. "On vise une centaine de garages d’ici la mi-2022, annonce Louis de Moffarts. Mais notre objectif est de couvrir, à terme, l’entièreté de la région bruxelloise. Le prêt nous permettra de couvrir l’inoccupation transitoire. Car même si chacun des garages ne compte qu’une dizaine d’emplacements pour vélo, ils peuvent mettre quelques mois pour se remplir. La levée de fonds, par contre, accompagnera et facilitera notre croissance : promotion, marketing, optimalisation de la plateforme…"

À plus long terme, Roof pourrait se lancer dans la location de plus grands parkings non plus à des particuliers mais à des professionnels et peut-être, qui sait, mettre en place un système permettant à un abonné d’accéder à plusieurs parkings à vélo.

C.M.