Habiller le pied des arbres

Il y a plusieurs raisons de vouloir installer des plantes sous les arbres, la première étant probablement d’ordre esthétique.

Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur
Habiller le pied des arbres

Le pied des arbres est un endroit assez ingrat à planter. Particulièrement quand l’arbre est installé depuis longtemps, que ses racines occupent tout l’espace et que la terre environnante est appauvrie. Ombre, sécheresse et sol compacté sont souvent le lot de pareil endroit. Le gazon y pousse avec difficulté et y fait piètre figure. Créer une jolie scène dans ces conditions n’est pas évident. Parfois, il faut se contenter d’embellir la périphérie des frondaisons, là où la lumière est suffisante. Les situations sont très différentes d’un lieu à l’autre. Une plantation sous un arbre caduc n’est en rien comparable à une plantation sous un grand conifère. L’envergure de l’arbre influence aussi les possibilités.

La concurrence entre les racines des végétaux est le point le plus préoccupant. Plantés en même temps et poussant de concert, ils ont plus de chance de se développer harmonieusement.

Il existe cependant des plantes capables de prospérer dans ces conditions et d’y apporter une touche de lumière. Ainsi les rhododendrons et les azalées s’accommodent parfaitement de cet emplacement pourvu qu’ils aient un peu d’humidité à leur pied et une terre légère. Avec un arrosage bien dosé ainsi qu’un bon mulch, bien d’autres buissons et couvre-sol peuvent convenir.

Sous le couvert

Les racines affleurent et font souvent obstacle aux plantations. Il faut créer, là où c’est possible, des poches de bonne terre. Le sol idéal des plantes d’ombre se compose de grandes quantités de matières organiques. Évitez de bêcher pour ne pas blesser les racines environnantes. Avant l’installation, faites tremper les végétaux dans un seau d’eau pour que la motte soit bien imprégnée. Le souci est d’éviter le dessèchement. Dans ces conditions, l’arrosage au début de la mise en place reste essentiel.

L’ombre est une autre contrainte. Elle peut être contournée puisqu’il est possible de choisir des plantes qui supportent l’ombre ou qui fleurissent avant la feuillaison.

Sous les arbres à feuillage caduc, les plantes à floraison printanière s’installent sans trop de complications. Elles fleurissent avant que les feuilles apparaissent. Les bulbes y forment des scènes charmantes. Les botaniques s’étendent et méritent qu’on s’y attarde. Qu’il s’agisse de bulbes ou de couvre-sol, évitez de les planter trop près du tronc de l’arbre. À cet endroit, la terre n’est pas assez profonde pour permettre leur enracinement et ils manqueront d’eau. Couvre-sol, petits buissons, bulbes, avant de choisir, mieux vaut évaluer la quantité de terre et l’espace disponible.

Quelques tapissantes

Certaines plantes tapissantes sont particulièrement adaptées à la sécheresse et à la pauvreté de la terre. Il y en a à feuillage persistant ou à feuillage caduc. Les plantes de base utilisées dans ce genre d'endroit sont bien connues des jardiniers. Dans les sous-bois clairs prospèrent alchemille, Ajuga reptans, Geranium phaeum, Geranium maccrorhizum etc. Le plus évident et le plus simple est probablement le lierre. Mais tout le monde ne l'apprécie pas. Il a en effet tendance à escalader les troncs et il faut le tailler régulièrement. Il existe des lierres à croissance plus modérée, ils sont aussi plus fragiles. Les lamiers sont de bonnes recrues. Là aussi cela dépend de la variété. Le Lamium galeobdolon est le plus vagabond et a un feuillage panaché, il est le plus envahissant. La grande pervenche - Vinca major - remplace le lierre et peut être exubérante. La petite met du temps à s'installer. Elle apprécie que la terre soit bien ameublie avant la plantation. Les Euonymus fortunei 'Coloratus' ou 'Minimus' peuvent faire l'affaire si le sol n'est pas trop aride. Le pachysandra est moins utilisé car, cousin du buis, il souffre des mêmes faiblesses. Le cotoneaster dammeri conviendra davantage. L'aspérule odorante a, elle, un feuillage caduc. Elle se naturalise. Bien sûr, il y a les Epimedium, caducs et persistants. L'Epimedium rubrum a un feuillage qui change de couleur avec les premiers froids. Les touffes poussent lentement mais résistent bien aux sècheresses estivales. L'Epimedium x perralchicum 'Fröhnleiten' a un feuillage de bonne tenue en hiver comme la variété Epimedium versicolor 'Sulphureum' aux fleurs crème. Tous deux sont bien rustiques.

Des fleurs et des buissons

Il existe de jolies fleurs que la compagnie des racines d'arbres n'effraie pas. Elles acceptent la terre ordinaire Elles sont connues pour leur grande sobriété et leur caractère accommodant. Ce qui ne veut pas dire qu'un arrosage la première année ou qu'un dépannage en cas de canicule ne soient pas nécessaire. Ainsi l'Anemone japonica 'Honorine Jobert', la Campanula alliarifolia parfaite en lisière et en bord de haie, la Lunaria annua, le Polygonatum, surtout le géant, Polygonatum hybridum 'Weihenstephan'. A planter avec des ancolies en lisière.

Parmi les buissons, pensez aux Leucothoé, ce genre d'éricacées compte des arbustes persistants pour sols acides et ombre claire. L. fontanesiana atteint 90 cm de haut avec d'élégantes tiges arquées. Les feuilles virent au cuivré en automne. Au printemps, des grappes courtes de fleurs axillaires apparaissent. Tentez le Mahonia eurybracteata 'Soft caress', un hybride très réussi avec son feuillage doux sans piquant et des fleurs jaune pâle en septembre, novembre. De l'ombre et un peu de fraîcheur lui font plaisir. Les autres variétés de Mahonia conviennent aussi. Pensez également au magnifique Viburnum furcatum, cuivre au printemps, vert en été puis rouge en automne, une splendeur à ne pas oublier lors des séances d'arrosage. Les symphorines forment de jolies masses même à l'ombre et sont, elles, d'un entretien aisé.