Le gouvernement de la Région wallonne a dévoilé mardi à Namur (sud de la Belgique) un ensemble de mesures, baptisé «plan Marshall », visant à relancer l’économie et l’emploi dans cette région de 3,3 millions d’habitants grâce à un investissement de 1,4 milliard d’euros.

Le plan wallon, nommé d’après le programme de reconstruction de l’Europe financé par les Etats-Unis après la Seconde guerre mondiale, a pour principal objectif de «stimuler l’activité », notamment en favorisant la recherche et l’innovation et en améliorant la formation.

Il prévoit la création de cinq «pôles de compétitivité » dans des secteurs où la Wallonie «pourrait exceller à l’échelle européenne ou mondiale », explique le gouvernement dans un communiqué.

Les secteurs concernés sont les sciences du vivant (pharmacie-santé), l’agroalimentaire, l’ingénierie mécanique, le transport-logistique et l’aéronautique-aérospatial. Chaque pôle regroupera des entreprises, des centres de formation et des unités de recherche.

La Région va également «alléger la fiscalité des entreprises », en particulier dans de futures «zones franches » qui seront créées dans les communes présentant les plus grandes difficultés.

Le plan sera financé par la vente d’actions du groupe sidérurgique Arcelor (180 millions d’euros), des économies de fonctionnement, un rééchelonnement de certains investissements publics et les marges budgétaires dues à la croissance escomptée au cours des prochaines années.

«On met un remède de cheval derrière toute une série de politiques que l’on avait menées à doses homéopathiques », a commenté le ministre-président de la Région wallonne, le socialiste Jean-Claude Van Cauwenberghe, qui souligne s’être inspiré de la «stratégie de Lisbonne » visant à relancer la compétitivité européenne.

Les mesures du plan Marshall wallon, éventées dans la presse belge ces derniers jours, ont été bien accueillies par le patronat et les syndicats.

«Nous attendions du gouvernement qu’il supprime les freins à la création d’activité. C’est visiblement son intention et nous nous en réjouissons », a déclaré le président de l’Union wallonne des Entreprises, Henri Mestdagh.

«Il y a des choses intéressantes pour redynamiser la Wallonie », a de son côté déclaré le secrétaire général du syndicat socialiste FGTB dans la région, Jean-Claude Vandermeeren.

Moteur de la Belgique jusqu’aux années 1960, l’économie wallonne a connu d’importantes restructurations dans les années 70 et 80, que la région n’a pas réussi à surmonter depuis. Elle connaît aujourd’hui un chômage important, en particulier chez les jeunes (26,8% chez les moins de 25 ans, contre 15,3% au niveau européen).