Une pétition oecuménique

Plus de 152 000 personnes ont signé la pétition en faveur du maintien des cours de religion ou de moral. De l'aveu même du président du parlement francophone, Jean-Marie Séverin (PRL), jamais auparavant en Communauté française une pétition n'avait récolté autant d'adhérents.

V.R.

Plus de 152 000 personnes ont signé la pétition en faveur du maintien des cours de religion ou de moral. De l'aveu même du président du parlement francophone, Jean-Marie Séverin (PRL), jamais auparavant en Communauté française une pétition n'avait récolté autant d'adhérents. Il faut dire qu'elle a bien circulé. Auprès des parents de l'enseignement officiel subventionné, mais aussi dans les autres réseaux d'enseignement et encore dans les églises, les temples, les mosquées ou les synagogues.

La pétition avait été lancée par les responsables de la laïcité et de toutes les religions reconnues en Belgique. Cette «alliance sacrée» - comme la baptiseront ironiquement ses détracteurs- voulait ainsi réagir aux propos du ministre-Président de la Communauté française Hervé Hasquin (PRL), qui, en juin 2000, avait déclaré être favorable à la suppression des cours philosophiques en 5e et 6e secondaires et à leur remplacement par un cours de philosophie.À l'évidence, la pétition qui vient d'être déposée rendra plus compliquée toute tentative de supprimer les cours de religion et de morale. Combat d'arrière-garde dans une société largement sécularisée? Les responsables refusent de l'admettre. «Tout en permettant à nos jeunes de garder leur identité, justifient-ils, ces cours enrichissent le décloisonnement de la société.»

Forts du soutien massif qu'ils viennent de recevoir, les organisateurs des cours philosophiques ont choisi de contre-attaquer. Ils exigent notamment du gouvernement qu'il atténue les effets de la cure d'amaigrissement qui a été imposée en 1998 aux normes d'encadrement des cours philosophiques et qui a rendu l'organisation des cours de religion minoritaire dans l'enseignement officiel - le seul à être tenu de mettre sur pied tous les cours- souvent problématique. D'après la CSC-Enseignement, il faudrait 150 millions pour améliorer les choses. Comment financer l'opération? En puisant dans les 300 millions prévus, en marge de l'accord de la Saint-Boniface, pour l'enseignement officiel.

Le groupe veut aussi rendre possible la tenue de cours communs à tous les courants de pensée. C'est aujourd'hui impossible. En vertu du décret sur la neutralité dans l'enseignement officiel (1994), un professeur ne peut pas donner cours à des élèves qui n'ont pas choisi l'option philosophique qu'il enseigne. «Un décloisonnement s'impose donc», estiment les pétitionnaires.

Hier, Jean-Marie Séverin leur a promis de relayer ces positions auprès des députés.

© La Libre Belgique 2001