Le sergent Pirson restera en prison

La cour militaire a ordonné, mercredi après-midi, le maintien en détention du 1er sergent Olivier Pirson, inculpé pour l'assassinat de ses deux enfants. Le 4 septembre 1998, sa voiture - les gosses et lui-même étant à bord - avait plongé dans la Meuse non loin de Dinant. Il avait été le seul survivant de ce qui fut considéré comme un accident pendant plus de deux ans. Mais bref, ses avocats réclament désormais sa remise en liberté notamment en mettant en cause le test passé par leur client devant le polygraphe (plus généralement mais erronément nommé «détecteur de mensonges»).

La cour militaire a ordonné, mercredi après-midi, le maintien en détention du 1er sergent Olivier Pirson, inculpé pour l'assassinat de ses deux enfants. Le 4 septembre 1998, sa voiture - les gosses et lui-même étant à bord - avait plongé dans la Meuse non loin de Dinant. Il avait été le seul survivant de ce qui fut considéré comme un accident pendant plus de deux ans. Mais bref, ses avocats réclament désormais sa remise en liberté notamment en mettant en cause le test passé par leur client devant le polygraphe (plus généralement mais erronément nommé «détecteur de mensonges»).

DROITS DE LA DÉFENSE

Maîtres Marc Uyttendaele et Laurent Kennes soutiennent en effet que ce test avait méconnu son droit au silence. Les aveux - non signés - de leur client découleraient de cette violation des droits de la défense et, selon eux, ces pièces entachées de nullité devraient être écartées des débats « parce qu'il existe un lien de causalité entre l'utilisation du polygraphe qui l'a privé du contrôle de lui-même et les aveux extorqués », donc le mandat d'arrêt.

Ce dernier est par conséquent irrégulier aux yeux des avocats, qui avaient plaidé une nouvelle fois en ce sens la semaine dernière. La cour a répondu brièvement, mercredi, qu'il conviendrait de statuer sur la validité des aveux si ceux-ci constituaient le seul indice de culpabilité, ce qui n'est pas le cas, pour les juges. Ils relèvent d'autres indices, comme les « invraisemblances dans les premières déclarations de l'inculpé », une déposition de témoins néerlandais qui prétendent avoir vu la voiture de M. Pirson enfoncée dans la Meuse jusqu'au coffre alors que lui-même avait pris pied sur une île et ne tentait plus rien pour sauver ses enfants ou enfin comme le rapport d'expertise qui indique la présence de méthanol dans le sang des victimes.

Insatisfaits de cette nouvelle décision de la cour militaire, Maîtres Uyttendaele et Kennes ont indiqué, quelques minutes après le prononcé de l'arrêt, que, même s'ils avaient remarqué que la cour avait fait preuve de moins d'agressivité à l'égard de leur client, ils signeraient le jour même un pourvoi en Cassation.

(d'après Belga)

© La Libre Belgique 2001