La bataille des Eperons d'or

11 juillet 1302 - 11 juillet 2001. Il y a 699 ans, la Bataille des Eperons d'or dévastait les plaines courtraisiennes situées à l'est de la ville. Deux fois plus nombreux que les Flandriens, les chevaliers français (au total près de 50.000 hommes avec les fantassins et les arbalétriers) se firent mettre en pièces par 25.000 soldats flamands, animés par une extraordinaire rage de vaincre

11 juillet 1302 - 11 juillet 2001. Il y a 699 ans, la Bataille des Eperons d'or dévastait les plaines courtraisiennes situées à l'est de la ville.

Deux fois plus nombreux que les Flandriens, les chevaliers français (au total près de 50.000 hommes avec les fantassins et les arbalétriers) se firent mettre en pièces par 25.000 soldats flamands, animés par une extraordinaire rage de vaincre.

Un des faits les plus prestigieux de l'histoire de Flandre. Ce n'est pas un hasard qu'il ait été retenu pour commémorer la fête de la Communauté flamande.

Ce fut la victoire des paysans et des tisserands de la Flandre profonde face aux fiers chevaliers français, qui réunissaient les noms les plus illustres de la France féodale.

Une bataille qui s'inscrit dans la guerre franco-flamande déclenchée en 1297 et qui suivit l'annexion forcée du comté au royaume, ainsi que la nomination d'un gouverneur à la place du comte Gui de Dampierre, fait prisonnier en France. Sans oublier un autre événement: le massacre de nombreux Français et leurs alliés en mai 1302 à Bruges.

A Courtrai, la victoire flamande se joua sur un coup de génie. Dans un premier temps, les guerriers des deux camps s'affrontèrent à coups d'arbalètes et d'arcs.

Des milliers de flèches s'envolèrent dans les cieux avant de retomber sur leurs cibles ou à côté. Mais il y eut peu de morts, les cottes de maille, les boucliers et les casques avaient bien résisté, surtout du côté flamand. Les Flandriens n'avaient plus de flèches.

Après avoir rompu les cordes de leurs arcs, ils les lancèrent entre les jarrets des chevaux. Une tactique qui désarçonna les Français, au sens propre et figuré. Un stratagème qui stoppa net la charge des preux chevaliers français.

Au cri de «Vlaanderen en de Leu » (la Flandre et le Lion), les Flandriens mirent en pièces l'armée française. Avec un solide coup de pouce de plusieurs centaines de miliciens ardennais et namurois, venus épauler les Brugeois, Gantois, Alostois et autres Flamands qui s'étaient soulevés contre le pouvoir français. La déroute des armées de Philippe le Bel fut totale.

Le mouvement populaire, qui était parti de Bruges, s'exprima dans un bain de sang français. Il ne fut point fait de prisonniers.

«Il faut les abattre », hurlèrent les chefs, «surtout ceux qui portent des éperons ». Après le combat, les vainqueurs recueillirent 700 éperons d'or qu'ils transportèrent à l'église Notre-Dame de Courtrai. La Flandre, rageuse et volontaire, venait de damer le pion à la puissante armée de Philippe le Bel.

C'est cette date du 11 juillet que la Communauté flamande a décidé de graver en chiffres d'or à l'image des 700 éperons en métal précieux ramassés sur le champ de bataille courtraisien. (BELGA)

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