«Les deux enfants avaient l'air serein»

Le conseil de guerre a poursuivi l'audition des témoins, dans le procès en cause d'Olivier Pirson, para de Flawinne, qui répond de l'assassinat de ses deux enfants. Vendredi matin, le prévenu a réaffirmé être sorti de la voiture qui s'enfonçait dans l'eau par la fenêtre du côté du passager et répété qu'il a tout fait pour sauver ses enfants

Le conseil de guerre a poursuivi l'audition des témoins, dans le procès en cause d'Olivier Pirson, para de Flawinne, qui répond de l'assassinat de ses deux enfants. Vendredi matin, le prévenu a réaffirmé être sorti de la voiture qui s'enfonçait dans l'eau par la fenêtre du côté du passager et répété qu'il a tout fait pour sauver ses enfants.

Deux plongeurs, du service des pompiers, ont indiqué que la voiture avait déjà plongé au fond de la Meuse à leur arrivée et que le para avait déjà été emmené en ambulance lorsqu'on leur a indiqué que des enfants étaient à bord. Ils ont mis un quart d'heure pour repérer l'Opel Kadett qui gisait à 7m de fond et à environ 15m de la rive gauche du fleuve. Les deux plongeurs assurent que les enfants n'avaient pas leurs ceintures. L'un d'eux a précisé que, quand une voiture s'enfonce dans l'eau, il est difficile d'ouvrir les portières mais que la chose est plus aisée quand le véhicule est immergé. Son collègue a précisé que les enfants "avaient les yeux fermés et l'air serein.» Selon un expert en accident automobile, qui n'a vu la voiture que sur photos, les déclarations de Pirson paraissent "logiques, normales et de sang-froid pour quelqu'un qui n'a pas suivi un entraînement à ce genre d'accident". Me Beauthier, conseil des parties civiles, a fait remarquer que les déclarations de Pirson avaient changé entre-temps. De quoi irriter Me Uyttendaele, défenseur du prévenu.Le médecin-commandant Godfroid a tenté de réanimer la petite Romy, 6 ans qu'il a trouvée "pâle, sans plaie apparente, sans trace sur la poitrine de la marque d'une ceinture». Mais, a-t-il ajouté «je ne peux pas parler d'attitude sereine quand je vois le corps d'une personne décédée". Selon l'urgentiste, Olivier Pirson était en état de choc mais n'avait pas de lésion apparente. "J'ai dû lui apprendre la mort de ses deux enfants. Il s'est mis à pleurer»

A la morgue de l'hôpital, il a fallu donner aux deux familles des heures de visite différentes a indiqué un témoin, à qui le père d'Ariane Moreau a demandé par téléphone de signer une attestation selon laquelle le visage du garçonnet portait des traces de coups donnés par Olivier Pirson.Quant au médecin-militaire traitant de M. Pirson, il a précisé que ce dernier "était réellement affecté par la perte de ses enfants et ne pouvait oublier les cris de ceux-ci». Une proche de la famille Moreau a enfin raconté qu'avant les faits, Ariane lui aurait confié qu'au cours d'une dispute, Olivier l'avait avertie qu'il noierait les enfants. (D'APRES BELGA)

© La Libre Belgique 2001

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