Un verdict attendu le 26 octobre

La voix hachée par les sanglots, le 1er sergent para-commando Olivier Pirson a conclu, après que les parties civiles, le ministère public et la défense, ont présenté leurs dernières répliques, les sept audiences consacrées à l'étude de la prévention d'assassinat de ses deux enfants.

PAR PASCAL DE GENDT
Un verdict attendu le 26 octobre
©Bernard Demoulin

AUDIENCE

J e n'ai rien à ajouter. Je les adorais, pourquoi les aurais-je tués? L'impossibilité de les sauver, il n'y a que quelqu'un qui a vécu cela qui peut le comprendre... Je n'ai pas tué mes enfants.» La voix hachée par les sanglots, le 1er sergent para-commando Olivier Pirson a conclu, après que les parties civiles, le ministère public et la défense, ont présenté leurs dernières répliques, les sept audiences consacrées à l'étude de la prévention d'assassinat de ses deux enfants. Le conseil de guerre s'est donné quatre semaines de réflexion avant de rendre son verdict, le vendredi 26 octobre à 14 heures.

Un délai inhabituellement long qui s'explique sans doute par la complexité de l'affaire. Mais l'affaire Pirson ne s'arrêtera sans doute pas là. En effet, Me Uyttendaele a annoncé qu'une plainte sera déposée à l'encontre de deux enquêteurs qui, à son estime, n'ont pas dit la vérité devant le conseil de guerre. Répondant ainsi à une critique qui lui avait été adressée, il a expliqué ne pas l'avoir fait plus tôt parce qu'il avait donné priorité à la procédure pénale engagée à l'encontre de son client. Deux plaintes qui viendraient s'ajouter à celle déposée devant le Comité P, par la compagne actuelle du para, suite à son audition par les enquêteurs de la BSR de Dinant.

Cependant, Marc Uyttendaele a expliqué encore qu'il mettait en cause, plus que les enquêteurs, le système d'enquête «dans lequel le polygraphe occupait une place centrale». Il a également rappelé, qu'en 1998, alors que le commissaire Cobut de Dinant croyait encore en l'innocence de Pirson, il avait consigné dans un P-V, la marche à suivre s'il s'avérait qu'il se trompait et, à cette occasion, prévoyait explicitement d'outrepasser la loi Franchimont.

Au cours des répliques, le mystère «insupportable» du méthanol est, bien sûr, revenu sur le tapis. «Qu'on me montre dans le dossier ce qui permet d'affirmer péremptoirement qu'Olivier Pirson a donné du méthanol à ses enfants», a demandé son avocat. Répondant à Me Georges-Henri Beauthier qui avait rappelé, avec indignation, qu'à un moment, l'hypothèse d'un empoisonnement par la mère des enfants avait même été envisagée à demi-mots, Marc Uyttendaele a déclaré que «c'est une insanité de penser qu'une mère pourrait faire ça à ses enfants, ce l'est tout autant de penser qu'un père aurait pu le faire».

Depuis le début du procès, on sait qu'il s'agit là d'une des clés de l'affaire et le conseil de guerre passera, à coup sûr, de longues heures à en débattre. Tout comme, du mobile du présumé assassinat puisque même l'accusation a abandonné l'hypothèse de la tentative de suicide que le para avait lui-même développée lors de ses aveux, non-signés, du 28 octobre 2000.

© La Libre Belgique 2001

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