Arrêt le 28 février dans l'affaire Pirson

La cour militaire est, à présent, en possession de tous les éléments pour rendre, le jeudi 28 février prochain, son arrêt dans l'affaire Pirson. La journée de mercredi a été occupée par la plaidoirie des avocats d'Olivier Pirson, Mes Kennes et Uyttendaele.

BELGA
Arrêt le 28 février dans l'affaire Pirson
©BELGA

La cour militaire est, à présent, en possession de tous les éléments pour rendre, le jeudi 28 février prochain, son arrêt dans l'affaire Pirson.

La longue journée de mercredi a été occupée en grande partie par la plaidoirie des avocats d'Olivier Pirson, Mes Kennes et Uyttendaele. Le premier cité a notamment plaidé que l'avocat général n'avait pas à demander que la cour prenne en compte les aveux rétractés de Pirson, déjà écartés par le conseil de guerre, vu que le ministère public n'a pas fait appel de son jugement et acceptait donc cette mise à l'écart.

Sur sa lancée, l'avocat a également épinglé le même conseil de guerre, qui, dans son jugement d'octobre dernier, notait que même sans les aveux rétractés du 28 octobre 2000, l'affaire se serait retrouvée devant une juridiction de fond. Cela alors qu'en 1999, Pirson n'avait pas été inculpé à l'issue d'interrogatoires bien que l'enquête révélait déjà une intoxication des enfants au méthanol ainsi qu'un trou dans le minutage du trajet en voiture. Ce qui tend à prouver l'importance des aveux dans l'inculpation du 1er sergent. De même, a demandé le défenseur, pourquoi déclarer que le test du polygraphe n'a joué aucun rôle alors que les enquêteurs ont clairement signifié que s'il avait été négatif, ils auraient arrêté l'enquête?

Marc Uyttendaele a, pour sa part, retracé le scénario d'une affaire dont le fil conducteur a été, à son estime, `la présomption de culpabilité´ de son client. Il a ainsi exposé plusieurs points pour lesquels entre l'explication d'Olivier Pirson, non contestée par les experts, et une autre hypothèse défavorable à son client, le conseil de guerre avait à chaque fois choisi la seconde option. Une attitude qui trouverait son origine dans l'image qui a été donnée d'Olivier Pirson, que sa belle-famille a voulu faire passer pour un raciste, extrémiste de droite et mauvais père.

`Comment peut-on dire qu'Olivier Pirson est un manipulateur capable de mettre en scène un accident et accepter en même temps qu'il se trompe´ dans le minutage de l'après-midi fatale, s'est demandé l'avocat. Pour qui l'invraisemblance des aveux du para est bien la preuve de l'innocence d'un homme qui, le 28 octobre 2000, lors d'un interrogatoire au finish, craque et finit par dire aux enquêteurs ce qu'ils veulent entendre. `Ces aveux contiennent des morceaux de vérité et des fables et l'auditeur général fait son `shopping´ parmi ceux-ci pour accréditer sa thèse de l'assassinat.´

Reste le `mystère´ du méthanol. Pour la défense, dans l'hypothèse d'un empoisonnement ante mortem, rien ne permet de déterminer quand Pirson aurait fait ingurgiter du méthanol à ses enfants, ni comment il aurait procédé. Par contre, dans le cas d'une contamination des corps post-mortem, Me Uyttendaele a exposé l'hypothèse d'un mensonge de l'employé des pompes funèbres qui a déclaré devant le tribunal qu'il n'avait pas traité les corps au formol alors que des éléments pourraient indiquer le contraire.

Lors des répliques, l'avocat des parties civiles, Me Beauthier, a réfuté les déductions de la défense `qui s'étend sur des choses très secondaires dont on sait que les fondements sont faux´ , parce que basés sur les dires de Pirson qui, durant l'instruction, a déclaré `tout et son contraire.´

A la cour, maintenant, de décider si elle peut assurer `sans l'ombre d'un doute´ qu'Olivier Pirson a volontairement tué ses enfants.

© La Libre Belgique 2002

Sur le même sujet