Affaire Di Rupo: le commissaire Marnette est totalement innocenté

Sale temps pour la justice, à l'automne de 1996. Des témoins `x´ lancent des accusations horribles mais sans fondement, dans l'affaire Dutroux. Le juge Jean-Marc Connerotte lance son téléphone-délation, à Neufchâteau. Les accusations gratuites accablent par centaines des pères en instance de divorce

ROLAND PLANCHAR

Sale temps pour la justice, à l'automne de 1996. Des témoins `x´ lancent des accusations horribles mais sans fondement, dans l'affaire Dutroux. Le juge Jean-Marc Connerotte lance son téléphone-délation, à Neufchâteau. Les accusations gratuites accablent par centaines des pères en instance de divorce. Jean-Pierre Grafé (PSC), ministre régional de l'Enseignement, démissionne parce qu'on lui prête des actes liés à la pédophilie. Elio Di Rupo (PS), alors vice-Premier ministre et ministre des Télécommunications, est sali de la même façon. Mais tout est biaisé, fabriqué, mensonger.

Plus tard, M. Di Rupo sera complètement innocenté (un rapport du Comité P, la `police des polices´, démontrera même le 9 juillet 1997 qu'il avait été victime d'une machination exécrable). Jean-Pierre Grafé le sera à son tour grâce à un non-lieu de bon aloi, le 11 septembre 1998.

Tout n'est pas résolu pour autant. En particulier pour l'une des victimes de la commission `Dutroux, Nihoul et consorts´, dite `commission Verwilghen´ : le commissaire Georges Marnette, de la PJ de Bruxelles. Car s'il avait déjà dû y subir des assauts malsains et outranciers, il allait se trouver accusé, entre autres par un même trio de collègues (gendarmerie et police judiciaire; ils ont été très fortement mis en cause, depuis lors), d'avoir somme toute fomenté l'affaire Di Rupo.

DES INFOS CHAUDES ET... FAUSSES

Il aurait, prétendait-on ainsi, alimenté à dessein la presse flamande en lui donnant des informations supposées `faire tomber´ le socialiste wallon. Elles avaient eu, il faut dire, un retentissement très important.

A ce moment, Georges Marnette a beau nier et les accusations être bidonnées, tout s'enchaîne: devant M. Verwilghen, son collègue Eddy Suys l'accuse d'être un protecteur et d'avoir participé à des parties fines où se trouvaient des mineurs d'âge. Marnette est suspendu par mesure d'ordre. Déplacé dans une fonction dont même Tony Van Parys, alors ministre de la Justice, admettra qu'elle est... inutile. Lorsqu'il pose sa candidature à un poste important, elle est balayée. Il est inculpé par le juge Guy Laffineur pour violation du secret professionnel, le 25 mars 1997. Et est perquisitionné. Il est également sali par certains journalistes proches des enquêteurs qui l'ont `chargé´. Marnette en fait un infarctus.

Or nous avons fortuitement appris mercredi au palais de justice de la capitale que, la veille, Georges Marnette venait d'être complètement blanchi. Grâce à la chambre des mises en accusation et à l'avocat général Pierre Morlet, souligne-t-on dans le monde judiciaire. Sans doute parce que, en l'absence du moindre élément sérieux, cinq ans - tout juste - sans jugement, ça commençait à bien faire... Bref, la chambre des mises, traitant le dossier à charge de ceux qui ont monté l'affaire Di Rupo à la suite de ses demandes de devoirs complémentaires (traités maintenant par le juge d'instruction Jacques Pignolet et totalement étrangers à Georges Marnette), a disjoint les `charges´ contre le même commissaire et, finalement donc, déclaré le non-lieu mardi. Après que le ministère public l'eut lui-même requis. C'est dire que celui qui était considéré avant ces événements comme l'un des `superflics´ de la PJ de Bruxelles est complètement innocenté. Qu'en dit-il? Rien. `En mission à l'extérieur´

Nous a-t-on répondu au moment de le contacter, hier.

Mais tout cela force une question: puisque ce n'est pas lui qui a `magouillé´ l'affaire Di Rupo, qui? Peut-être faut-il se souvenir que Marnette avait été parmi les premiers à souligner les `exagérations´ de certains enquêteurs, en 1996. Et avoir raison trop tôt...

© La Libre Belgique 2002