Nucléaire: de l'iode pour tous

L'accident majeur nucléaire en Belgique est très peu probable. Il n'en reste pas moins toujours possible. Début ce lundi de la campagne de distribution d'un médicament utile en cas de fuite radioactive.

X.Du.

La catastrophe de Tchernobyl a montré que là où la population exposée au nuage radioactif avait pu ingérer de l'iode, les cancers de la thyroïde ont été moins nombreux. Ce `test grandeur nature´ imposé à toute l'Europe par la centrale ukrainienne a poussé les autorités à mettre sur pied, en 1991, le `Plan d'urgence pour les risques nucléaires sur le territoire belge´, lequel prévoit entre autres multiples mesures la distribution gratuite de pastilles d'iodure de potassium aux riverains des sites nucléaires belges. Ce médicament préventif, conditionné chez nous en boîtes de 10 comprimés de 65 mg, est censé être ingéré en cas de forte radioactivité ambiante pour saturer les glandes thyroïdes afin qu'elles n'absorbent pas l'iode radioactif et cancérigène alors fortement présent dans l'air.

Il a fallu attendre 1999 avant que la première campagne de distribution soit réalisée. Elle s'adressait en priorité à la population établie dans un rayon de 0 à 10 km autour d'un site nucléaire (0 à 5 km pour l'Institut des radio-éléments de Fleurus, considéré comme moins `dangereux´). Pour la population qui vit dans un rayon de 10 à 20 km (de 5 à 10 km pour l'IRE) des stocks de comprimés d'iode ont été constitués dans les pharmacies en vue d'une distribution rapide en cas de situation d'urgence. Les personnes résidant dans cette zone pouvaient également les obtenir gratuitement auprès des pharmaciens.

Aujourd'hui, on sait qu'en moyenne 58 pc des habitants de la zone des 10 km ont été chercher leurs boîtes de comprimés. S'agissant alors d'une première, les autorités jugent ce résultat positif. Mais pas suffisant. De quoi en tous les cas justifier le lancement ce lundi d'une seconde vague de distribution. `Après avoir pris connaissances des résultats de l'étude de l'Université d'Anvers (voir LLB du 2/11/01), relative à cette campagne d'information, j'ai décidé d'organiser une campagne de rappel trois ans après celle de mars 1999, soit deux ans plus tôt que ne l'exigent les recommandations en la matière´ expliquait récemment au Sénat Antoine Duquesne, le ministre de l'Intérieur, histoire de souligner qu'il ne s'agit pas là d'une réaction aux attentats du 11 septembre.

UNE SEULE ZONE

En clair, des brochures ont été réimprimées et devraient atterrir dans les boîtes aux lettres des riverains dès cette semaine. Diffusées par la poste, elles invitent la population et les collectivités ne disposant pas encore d'un stock de comprimés d'iode à s'en procurer chez leurs pharmaciens, lequel est appelé à dispenser alors les conseils d'usage comme pour tout autre médicament. Nouveauté: par souci de clarté, il n'y aura plus que deux types de citoyens, ceux qui habitent à moins de 20 km d'un site, et tous les autres. Fini donc les différences de traitement souvent mal comprises en fonction de l'éloignement (10, 20 et 30 km, voir infographie).

Le stock disponible s'élève à 960 boîtes unitaires par pharmacie dans les zones impliquées. Les stocks décentralisés pour les collectivités et les points de concentration de population comme des usines, des écoles (répertoriés par les gouverneurs) comprennent une boîte pour deux personnes. Enfin un stock de réserve est disponible dans les unités de la Protection civile et le stock central pour le pays, situé dans un entrepôt près de Bruxelles est de l'ordre de 700 000 boîtes.

© La Libre Belgique 2002