Une des victimes aurait «préféré mourir»

AFP

Décision sur Ariel Sharon: une des victimes aurait «préféré mourir» BRUXELLES, 26 juin (AFP) -

Une Palestinienne qui s’était associée à la plainte contre Ariel Sharon, actuel Premier ministre israélien, a assuré mercredi qu’elle aurait «préféré mourir» plutôt que d’apprendre que la justice belge avait déclaré cette plainte irrecevable.

«Ma déception vis-à-vis de la justice belge est totale. J’aurais préféré mourir plutôt que d’entendre cela. Je croyais qu’ils allaient continuer jusqu’à ce que justice soit faite, et maintenant...», a réagi Souad Srour El Marai, présente au palais de justice de Bruxelles au moment de l’annonce de la décision.

Agée de 37 ans, Mme Srour affirme que ses six frères et son père ont été tués en 1982 lors du massacre de Sabra et Chatila, et qu’elle même a été violée et blessée. Handicapée à vie, elle marche avec des cannes.

23 Palestiniens rescapés de la tuerie de Sabra et Chatila avaient porté plainte en juin 2001 pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et actes de génocide contre M. Sharon, qui était à l’époque des faits ministre israélien de la Défense.

La chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bruxelles a jugé que la plainte, déposée au nom de la loi belge dite de «compétence universelle», était irrecevable car M. Sharon «n’a pas été trouvé sur le territoire du royaume de Belgique».

Plusieurs associations de défense des droits de l’Homme ont également fait connaître leur déception.

«C’est une terrible déception aujourd’hui», a ainsi déclaré une représenante d’Amnesty International, Montserrat Carreras. «C’est d’autant plus terrible que la Cour pénale internationale va entrer en vigueur le 1er juillet. C’est un coup d’arrêt terrible pour la justice universelle belge», a-t-elle ajouté.

«Cette décision est une déception non seulement pour les victimes de Sabra et Chatila, mais aussi pour toutes les victimes des crimes contre l’Humanité qui ont placé leurs espoirs dans la justice belge", a estimé pour sa part un porte-parole de l’organisation Human rights Watch.

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