LA JOURNÉE

Ce fut...

UN PARTI NE PASSERA PAS L'HIVER, puisqu'il a décidé de se saborder le 31 décembre, au terme de l'année de ses trente ans. Il s'agit du PFU ou `Parti féministe unifié´, qui était devenu le PFH pour `Parti féministe humaniste´. Sa fin se sera déroulée dans la discrétion - et on est gentil, ou prudent... - qui était devenue la sienne. Sa naissance, le 19 mars 1972, n'était pourtant pas passée inaperçue. Dans la foulée de la grève `exemplaire´ des ouvrières de la FN en 1966, on vivait alors, il est vrai, un moment culminant ou charnière (c'est selon, sous la plume des historien/nnes) du féminisme politique. Quelques intellectuelles venues d'ailleurs en avaient pris l'initiative: Nina Ariel (PLP), Claire Bihin (PSC), Renée Fosseprez (FDF), Adèle Hauwel (la `Porte ouverte´)... tentèrent ainsi, par des listes exclusivement féminines, de convertir un essai qui avait tourné plus vite court, le `Parti général des femmes belges´, en 1921. L'initiative du PFU fut d'ailleurs critiquée illico par d'autres sensibilités, chapelles ou sous-clans féministes. Ce dont celles-ci, bien sûr, n'eurent cure.

...le PFU

Au fil du temps, ces très engagées (ou enragées) élargirent même leur lutte sur la représentation des femmes en politique à un programme plus vaste, englobant `le respect des droits fondamentaux de la personne et du peuple´, l'indépendance de la Wallonie et de Bruxelles, l'opposition à l'Union européenne, la mise en place d'une république `humaniste égalitariste´ (sans présidence), la séparation totale de l'Eglise ou de l'Etat, ou l'adoption de l'espéranto comme seconde langue dans tous les pays du monde.

Plus ou moins extrémiste, leur combat ne leur valut jamais d'élue. Tout au plus, de grappiller quelques milliers puis quelques centaines de voix. Leur marginalisation les condamnait, et la loi sur la parité des candidats fut le coup de grâce. Au mieux, le PFU put à ses débuts jouer quelque rôle d'aiguillon dans les partis traditionnels. Mais sa disparition, inéluctable, témoigne à la fois de ses contradictions ghettoïsantes de départ, de l'anachronisme de certain militantisme, et plus généralement des difficultés de tous ordres - légales, financières, médiatiques... - de percer pour les petits partis.

© La Libre Belgique 2003