Fini,le flamand 2ème langue à Bruxelles?

Une idée, ébauchée à plusieurs reprises mercredi dernier lors du débat sur l'apprentissage des langues au Parlement de la Communauté française, hérisse le nord du pays. Hier, elle était d'ailleurs au menu du Parlement flamand, sous la forme d'une question orale posée par le député CD&V bruxellois Walter Vandenbossche.

Nicole Burette
Fini,le flamand 2ème langue à Bruxelles?
©Pirard

Une idée, ébauchée à plusieurs reprises mercredi dernier lors du débat sur l'apprentissage des langues au Parlement de la Communauté française, hérisse le nord du pays. Hier, elle était d'ailleurs au menu du Parlement flamand, sous la forme d'une question orale posée par le député CD&V bruxellois Walter Vandenbossche.

Son interrogation s'est soldée par une prise de position déterminée de la ministre (VLD) de l'Enseignement, Marleen Vanderpoorten, qui envisage, si le projet était mis à exécution, de recourir devant la Cour d'arbitrage.

En fait d'idée, il s'agit tout simplement de remettre en cause le choix obligatoire du néerlandais comme seconde langue, dans les communes de la Région bruxelloise notamment. Pour rappel, les Communautés sont compétentes en matière de langues dans l'enseignement sauf dans les zones `sensibles´ dont le sort est déterminé par la loi linguistique, fédérale donc, du 30 juillet 1963. Sont concernées, la Région bruxelloise, les communes à facilités et les communes frontalières où le néerlandais est imposé comme seconde langue étrangère dans l'enseignement francophone.

C'est Didier Van Eyll (FDF...), le rapporteur du travail préparatoire au débat, qui a lancé ce pavé dans la mare, estimant que `25 pc des communes francophones ne sont pas sur un pied d'égalité avec les autres´. En prenant pour argument que, la motivation étant le moteur le plus efficace dans l'apprentissage d'une langue, le libre choix serait plus opportun. Il a ajouté que, selon lui, la majorité des familles concernées maintiendraient sûrement le choix du néerlandais comme seconde langue. Il estime que cette `discrimination´ repose sur une interprétation stricte de la loi de 1963 et souhaite que la Communauté commande une étude juridique permettant de faire toute la lumière en la matière. Si les ministres en charge de l'enseignement ne semblent guère vouloir s'engager dans cette voie, Françoise Dupuis (supérieur) demandant même qu' `on ne mène pas trop loin l'indignation sur le sort de Bruxelles´, Philippe Charlier (CDH) a emboîté le pas à Didier Van Eyll.

Autre suggestion émise lors du remue-méninges de la Communauté française: celle de faire exception pour les `allophones´, ceux dont la langue maternelle n'est pas le français et qui seraient ainsi doublement handicapés en se voyant imposer une `troisième´ langue. D'où l'idée de les faire rentrer dans un régime d'exception qui les autoriserait à opter, en deuxième langue, pour un approfondissement de leur langue d'origine.

`Bombe à retardement´

Tant la première proposition que la seconde inquiètent Walter Vandenbossche, militant de la cohabitation pacifique à Bruxelles.

Première réserve: comment construire une société bruxelloise si, pour les francophones, le néerlandais devient

`une langue étrangère comme les autres´ ? Il y va pour lui de risques de ségrégations, de communautés ne se parlant plus, voire d'une `bombe à retardement´.

Rappelant que 98 pc des chômeurs bruxellois sont unilingues, il ne montre pas davantage d'enthousiasme pour la deuxième suggestion qui, pour lui, serait une `grande erreur socio-économique´, consistant à `programmer les allochtones au chômage´.

Enfin, il se dit persuadé que ce discours est en rupture avec les aspirations de la population bruxelloise. Pour preuve: 48 pc des élèves des écoles néerlandophones de Bruxelles sont des francophones, ce qui n'est déjà pas évident à gérer. Cette politique, dit-il, n'aurait pour effet que d'amplifier le phénomène au risque de radicaliser les relations entre les uns et les autres, voire de pousser la Communauté flamande à prendre des mesures inhospitalières...

© La Libre Belgique 2003


Valoriser l'allemand, dit Hazette Salle comble mercredi au Palace, à Bruxelles, où le ministre Pierre Hazette (MR) avait convié les directeurs du secondaire pour échanger `en roues libres´ sur leur quotidien. En - long - préambule, le Ministre n'a pas manqué de rappeler ses priorités. La première: il faut absolument multiplier les délégations d'élèves. Pour lui, ce maillon est essentiel à l'apprentissage et à l'exercice de la démocratie. Ce peut être un outil contre la violence et un moyen de cohésion fondamental pour les écoles. Autre priorité: les échanges linguistiques car, pour lui, l'immersion est une étape nécessaire pour approcher le bilinguisme. Il en appelle à une réelle mobilisation au sein des écoles tout en précisant qu'un budget de 1 million d'euros a été dégagé à cet effet. Il insiste enfin sur la valorisation de l'allemand, dont l'apprentissage se réduit comme peau de chagrin en Communauté française alors qu'à l'échelle européenne, concernant quelque 100 millions de personnes, `c'est la clé du succès´. Plusieurs intervenants abonderont dans son sens, tout en déplorant le fait que, comme la continuité s'impose avec le primaire et que celui-ci n'organise quasiment que des cours de néerlandais, le choix d'une autre langue dans le secondaire impose des tracasseries administratives, `vexatoires´, qui en découragent plus d'un. .. En matière de séjours linguistiques, certains participants mettent en avant le manque de moyens. Le Ministre répond par la solution de l'échange linguistique. Il suggère, pour répondre à la difficulté de trouver des familles d'accueil, de solliciter des services club, armés pour répondre à ce genre de demandes.