`Une activité très curieuse´

Sorti de l'Institut supérieur de traducteurs et interprètes (ISTI) de Bruxelles en 1968, Jean-Pierre Van Hee est interprète depuis 1970. Après son service militaire, il intègre cette année-là les bureaux de l'Union économique Benelux, où il travaille cinq ans en tant qu'interprète français-néerlandais. `La profession était relativement nouvelle à l'époque et les langues m'intéressaient´, explique-t-il. En 1975, il décide de s'établir en tant qu'indépendant, histoire de profiter aussi de sa connaissance de l'anglais et de l'allemand et d'exploiter les opportunités offertes par le secteur privé. `Depuis lors, j'essaie toujours d'avoir une répartition 50/50 entre mes activités pour les institutions et celles pour le privé´, explique-t-il. `En tant que freelance, je n'aime pas l'idée d'être trop dépendant d'un seul employeur´. Outre l'Europe, Jean-Pierre Van Hee travaille ainsi régulièrement pour des grandes entreprises, pour des fédérations professionnelles, des lobbies, des organismes publics, ou encore des congrès médicaux. En tant qu'interprète, il faut donc avoir une grande curiosité et s'intéresser à tout. `Pour tout ce qui est médical, je me documente souvent en lisant des ouvrages destinés aux infirmiers: leurs explications sont souvent plus simples et ils contiennent l'essentiel´, raconte-t-il. `Par ailleurs, j'ai chez moi une collection assez fournie de Que sais-je´. Jean-Pierre Van Hee reconnaît que le métier d'interprète est `une activité très curieuse´. `Parler tout en continuant à écouter est une combinaison contre-nature´, explique-t-il, en affirmant que ce n'est pas parce que quelqu'un parle bien plusieurs langues qu'il aura les capacités physiques d'effectuer des traductions simultanées. `À l'école des interprètes, un des premiers exercices consiste à répéter dans la même langue les propos de quelqu'un´. Jean-Pierre Van Hee est également un membre actif de l'AIIC, l'association internationale des interprètes de conférence (www.aiic.net). Celle-ci regroupe quelque 2.600 interprètes à travers le monde. `C'est à la fois un club, un ordre et un syndicat´, dit-il. L'AIIC fixe notamment des règles déontologiques très strictes, à commencer par le secret professionnel. `Une collègue qui, avec l'accord du Quai d'Orsay, a publié un livre retranscrivant les entretiens entre De Gaulle et Ceaucescu a été exclue de l'AIIC´. (M.V.O.)

© La Libre Belgique 2003