Ambiance de fin de règne au 16, rue de la Loi

V.R.

Les télévisions étaient venues plus nombreuses que d'habitude à la conférence de presse que le Premier ministre tient selon la tradition après le Conseil des ministres hebdomadaire. Elles pensaient sans doute y saisir un moment d'histoire: le dernier acte du gouvernement arc-en-ciel en pleine possession de ses pouvoirs. Elles auront dès lors dû être bien déçues. D'abord, ce n'était pas le dernier Conseil des ministres de la législature. Le gouvernement de Guy Verhofstadt (VLD) se réunira en effet encore une fois, ce samedi matin, pour trancher l'une ou l'autre décision toujours en suspens - à propos de la libéralisation du marché de l'électricité notamment - et pour adopter définitivement la liste des articles de la Constitution soumis à révision.

Et puis, la conférence de presse n'a revêtu aucun éclat particulier. En retard comme souvent, Guy Verhofstadt est arrivé seul. Il a passé en revue les principales décisions du Conseil des ministres sur un ton monocorde. Sans joie. Seul le petit décompte final que le Premier ministre s'est autorisé - et selon lequel il apparaît que son gouvernement a organisé 153 Conseils des ministres et pris 4.700 décisions au cours de ses 4 années d'existence - a donné à sa conférence de presse des allures de fin de session.

A l'évidence, l'arc-en-ciel termine sur les genoux. Comme si les disputes incessantes dont il a été le théâtre l'avaient complètement vidé. Mardi ou mercredi, il se placera en affaires courantes. Ce sera alors le temps de la campagne électorale, l'heure du débat politique sans contrainte. Enfin, penseront sans doute les ministres du gouvernement.

En vrac

Le Conseil des ministres qui s'est tenu vendredi n'était peut-être pas le dernier de l'arc-en-ciel. Il n'en a pas moins été chargé d'une multitude de dossiers qu'il fallait boucler avant le sabordage du gouvernement: plus de 150 décisions y ont été enregistrées.

Dans ce fatras hétéroclite, on ne trouvera rien de bien sensationnel. On y dénombre bien quelques avant-projets de loi, par exemple celui qui fixe un cadre aux commerces ambulants ou celui qui réglemente l'enfermement des délinquants atteints d'un trouble mental. Mais ces textes ont été approuvés pour la forme: ils ne seront forcément pas adoptés sous cette législature.

Le gros du menu était en fait constitué d'arrêtés pris en exécution de dispositions antérieures. Le gouvernement a ainsi procédé à une série de nominations, dont celle du directeur et du directeur adjoint du Centre d'expertise des soins de santé. Il a aussi donné son feu vert à l'achat de matériel permettant à la justice de scanner les dossiers judiciaires. Il a encore adopté les règles de fonctionnement du Conseil technique des voiturettes pour personnes handicapées. Il a définitivement réglé les questions liées à la régionalisation de l'agriculture et du commerce extérieur, créé une cellule de coordination interministérielle de lutte contre les rapts parentaux, installé le «Service de tutelle» pour les mineurs non accompagnés... La liste fut longue. Et presque clôturée.

© La Libre Belgique 2003