Une «hyper» citoyenne

Elle a 21 ans et rêve de faire de la politique son métier. Quinzième sur la liste du MR pour la Chambre dans l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, Marie Thibaut de Maisières veut convaincre sa génération de franchir le pas. «Il y a une repolitisation de la jeunesse et on le voit hyper fort dans des causes ponctuelles comme l'Irak actuellement», dit-elle. «Ils sont nombreux à être hyper motivés pour manifester devant l'ambassade des Etats-Unis. Le problème, c'est la continuité. Un jeune qui s'engage dans un parti, c'est rare. Moi, j'ai un problème avec ça.»

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© Johanna de Tessieres
OLIVIER MOUTON

À BÂTONS ROMPUS

Elle a 21 ans et rêve de faire de la politique son métier. Quinzième sur la liste du MR pour la Chambre dans l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, Marie Thibaut de Maisières veut convaincre sa génération de franchir le pas. «Il y a une repolitisation de la jeunesse et on le voit hyper fort dans des causes ponctuelles comme l'Irak actuellement», dit-elle. «Ils sont nombreux à être hyper motivés pour manifester devant l'ambassade des Etats-Unis. Le problème, c'est la continuité. Un jeune qui s'engage dans un parti, c'est rare. Moi, j'ai un problème avec ça.»

Un parcours de rêve

Pétillante, ambitieuse, elle évoque la nécessité de s'engager à long terme, d'avoir une palette d'opinions, de rendre du sens aux valeurs. «Les droits de l'homme, par exemple. Louis Michel a fait un super boulot en ce sens-là.» L'engagement, il va de soi pour cette demoiselle cultivant l'«hyper» comme un carburant survitaminé, elle qui combine une carrière politique en devenir avec des licences en histoire et en sciences po.

«A 18 ans, je considérais que prendre ma carte de parti était «la» première démarche à faire, aussi importante que passer mon permis de conduire. C'était une façon de dire «je m'engage», même si c'était au début de façon très passive. C'était ce parti-là. Aucun autre. Le concept de «liberté» et le pragmatisme du PRL - à l'époque, aujourd'hui du MR - me correspondaient bien. J'ai tout de suite été contactée par la présidente de la section locale pour me féliciter. Cela devait être une des premières fois que cela leur arrivait, à La Hulpe. Elle aimait bien ma démarche. On m'a mise sur une liste pour les élections d'octobre 2000 et, contre toute attente, j'ai été élue au conseil communal.»

Marie Thibaut de Maisières ne laisse pas indifférente. Elle secoue le cocotier. Membre du bureau national des jeunes libéraux, elle donne une interview à la radio et capte l'attention du président Daniel Ducarme. Un coup de téléphone, un stage à la rue de Naples, un peu d'insistance et la voilà sur la liste pour les législatives. Sa campagne? Décapante. Une photo très aguicheuse, des propos très «libres», une volonté réformatrice très prononcée... «Je voulais être cohérente», explique-t-elle. «C'est ce que je suis. J'ai toujours rué dans les brancards.»

Accrochée à la réalité

Lorsque l'on évoque avec elle les enjeux de demain, elle insiste immédiatement sur l'enseignement. «Utiliser à bon escient l'argent obtenu par le refinancement sera un des principaux challenges de la prochaine législature.» Oui, mais... cela se passe à un autre niveau de pouvoir, en Communauté française. «Je sais, mais le programme du parti se fait pour tous les niveaux de pouvoir en même temps. Et il y a des liens. Charles Michel était député fédéral. Il est ministre régional.» Deuxième enjeu? La justice. «Il faut juger les gens qui ont commis des larcins.» Même si la sanction ne consiste qu'en dix heures de travaux d'intérêt général.

Cette jeune femme bien dans sa peau, adepte de la Mini Cooper, a déjà tout d'une politicienne aguerrie. Pourtant, elle n'a pas de tradition familiale en ce sens. C'est elle qui attire ses proches dans le sillon. Avec la volonté de rester les pieds sur terre. «Moi, je dis toujours que j'achèterais les projets d'Ecolo s'ils étaient gratuits. Ils prônent le «un sur cinq»: un jour de congé sur cinq, un mois sur cinq, un an sur cinq... Qui refuserait ça? Mais cela aurait des incidences importantes sur l'économie: délocalisations, augmentation du chômage... Il y a un budget à respecter, quand même!»

Cultiver le rêve? Oui. Mais sans décoller. «L'utopie, c'est injuste, c'est du mensonge. Pour faire de la politique, il faut être accroché à la réalité.»

© La Libre Belgique 2003

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