Un VLD gonflé à bloc

Au VLD, Bart Somers, c'est le «coming man». On le voit - et lui-même se verrait bien - comme successeur de Karel De Gucht quand le président des libéraux flamands tirera sa révérence. À 39 ans, le député-bourgmestre de Malines est gonflé à bloc. Premier sur la liste VLD à la Chambre pour Anvers, il a conscience de l'ampleur de la tâche.

ANNICK HOVINE
Un VLD gonflé à bloc
©Belga

À BÂTONS ROMPUS

Au VLD, Bart Somers, c'est le «coming man». On le voit - et lui-même se verrait bien - comme successeur de Karel De Gucht quand le président des libéraux flamands tirera sa révérence. À 39 ans, le député-bourgmestre de Malines est gonflé à bloc. Premier sur la liste VLD à la Chambre pour Anvers, il a conscience de l'ampleur de la tâche. En face, le Vlaams Blok, adversaire redoutable. «C'est un énorme défi. Anvers, c'est la plus grande province du pays, avec 1,2 million d'habitants... Il faut s'organiser. Mais pas tout seul...». Premier objectif: créer un esprit d'équipe entre les candidats. «Ces dernières semaines, j'y ai consacré beaucoup de temps. Il y a un secrétariat de campagne provincial à Anvers, un autre à Malines et dans chacun des districts». Pas toujours simple vu que les libéraux ont quelque penchant pour l'individualisme. «Le VLD, c'est un peu l'addition de la SA Verhofstadt, de la SPRL Somers, de la coopérative Daems», plaisante Bart Somers. «C'est souvent notre force, mais en campagne, ça peut devenir une faiblesse. Il faut trouver un équilibre entre une bonne structure d'ensemble et l'espace laissé à chaque candidat pour se profiler individuellement».

Il est vrai qu'en matière de relations publiques, Somers n'est pas un novice. Sous la précédente législature, il était porte-parole du VLD et de Guy Verhofstadt. «Cette campagne se mènera beaucoup plus dans les médias. Tous les jours, la VRT et VTM proposeront des programmes électoraux spécifiques. Je crois que les élections vont se décider à la télévision. C'était le cas lors du dernier scrutin législatif aux Pays-Bas, qui sert un peu de miroir à la Flandre. Les médias audio-visuels seront décisifs».

L'élargissement des circonscriptions électorales de la Chambre au territoire de la province renforcera la personnalisation de la campagne, continue le VLD. «Il n'y a plus que 6 têtes de liste pour les Flamands. C'est sur eux que se focalise la campagne». Les techniques traditionnelles utilisées pendant les élections communales ne suffisent plus, dit-il. À l'époque, le candidat Somers avait effectué... 70000 visites à domicile pendant toute une année (deux «contacts» par maison à Malines!). «Ce n'est pas réalisable d'écumer ainsi toute la province: ce serait d'une utilité marginale. L'arrondissement électoral est devenu tellement grand qu'il faudrait faire un nombre incroyable de marchés et de porte-à-porte pour toucher finalement un pourcentage réduit d'électeurs. Les efforts à fournir n'ont plus aucun rapport avec les résultats que cela produit».

Morale de l'histoire: mieux vaut arriver fringant devant les caméras de la télé locale «où on atteint 500 personnes à la fois». Du coup, Bart Somers a imaginé un «package» électoral pour les candidats VLD d'Anvers. «En équipe, on va se rendre dans chaque commune de la province en faisant 4 choses en une demi-journée». Un: une rencontre avec la presse locale. Deux: une visite d'un lieu symbolique en rapport avec l'objectif local de campagne (un commissariat, une maison de jeunes, un hôpital...). Trois: un porte-à-porte ciblé dans quelques rues. Quatre: une rencontre avec les militants VLD du cru. «On espère ainsi faire deux communes par jour», dit Somers, l'infatigable. Battre la campagne, il adore. S'activer jour et nuit, en dormant à peine deux ou trois heures, ça le galvanise. «On ne sent pas la fatigue, on a beaucoup d'énergie. Je trouve ça super».

Au lendemain du 18 mai, pourrait-il être chatouillé par quelque ambition ministérielle? «Non, tranche-t-il, péremptoire. «Je suis bourgmestre de Malines, qui, avec 77.000 habitants, est la cinquième plus grande ville de Flandre. J'ai promis à mes électeurs de rester jusqu'en 2006.».

© La Libre Belgique 2003