Direction la correctionnelle pour Trabelsi

La chambre du conseil de Bruxelles a renvoyé lundi 13 personnes, inculpées dans le dossier de terrorisme islamiste dont la figure la plus connue est Nizar Trabelsi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, a-t-on appris au parquet fédéral.

Direction la correctionnelle pour Trabelsi
© Belga
Belga

La chambre du conseil de Bruxelles a renvoyé lundi 13 personnes, inculpées dans le dossier de terrorisme islamiste dont la figure la plus connue est Nizar Trabelsi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, a-t-on appris au parquet fédéral.

Nizar Trabelsi, un ancien joueur de football professionnel tunisien, avait été arrêté le 13 septembre 2001, deux jours après les attentats du 11 septembre, dans un appartement d'Uccle. Il était en possession d'une mitraillette et d'une formule permettant la confection d'une bombe. De l'acétone ainsi que du souffre, qui peuvent servir à réaliser une telle bombe, avaient été découverts quelques jours plus tard en grande quantité dans un snack bruxellois exploité par une autre inculpé, Abdelkrim El Hadouti.

La cible présumée de l'attentat n'a pu être déterminée avec certitude. Les sites de la base militaire de Kleine-Brogel - revendiqué par Trabelsi dans une interview à la RTBF - et de l'ambassade américaine à Paris ont été cités. Ils n'avaient jusqu'à présent pas été confirmés officiellement par la justice. Dans l'ordonnance de renvoi de la chambre du conseil, la base militaire de Kleine-Brogel est citée.

Les chefs d'inculpation retenus sont la détention d'armes, l'appartenance à une milice privée, la tentative de destruction d'édifice à l'explosif, l'association de malfaiteurs, le recel, les faux et usages de faux. Ces chefs d'inculpation ne sont cependant pas retenus contre les 13 personnes.

Quatre des treize personnes renvoyées devant le tribunal correctionnel sont détenues: Nizar Trabelsi, Abdelkrim El Hadouti, Mouloud Maki et Sliti Amor.

Parmi les inculpés figure également Tarek Maaroufi, un Tunisien toujours détenu dans le cadre du deuxième dossier terroriste, relatif à l'assassinat du commandant Massoud, chef de l'Alliance du Nord (Afghanistan), instruit à Bruxelles.

Douze renvois en correctionnelle ont déjà été prononcés, le 14 février dernier, dans le cadre de ce second dossier. Ahmed Massoud a été tué dans son fief du Nord de l'Afghanistan, le 9 septembre 2001, par deux Tunisiens qui avaient utilisé de faux passeports belges volés et qui avaient séjourné en Belgique.

Ce dossier concerne en partie le trafic de faux passeports mais il y a aussi des préventions de faux, d'association de malfaiteurs, de détention d'armes et de recrutement de personnes au profit d'une armée ou d'une troupe étrangère se trouvant sur le territoire d'un Etat étranger. Une date a déjà été fixée devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour ce procès: le 28 avril.

Il ne devrait cependant s'agir que d'une date relais. Vu notamment que deux personnes - Tarek Maaroufi et Sliti Amor - sont renvoyées en correctionnelle dans les deux dossiers, les deux affaires seront vraisemblablement jointes. Le parquet fédéral compte demander lors de cette audience du 28 avril la jonction des deux dossiers. Ce sera néanmoins au tribunal correctionnel d'en décider.

Sliti Amor est un Belge d'origine tunisienne qui a vécu plusieurs années en Afghanistan: il aurait offert le gîte aux deux Tunisiens (Abdessatar Dahmane et Rachid El Ouaer) avant leur projet réussi d'assassinat du commandant Massoud. Il est rentré en Belgique après le déclenchement de la guerre en Afghanistan.

La date du 22 mai est déjà citée pour l'ouverture de ce «méga-procès » - 23 prévenus - qui sera accompagné d'importantes mesures de sécurité. Ces 23 hommes et femmes sont de nationalité belge, marocaine, tunisienne ou algérienne. Ils seraient liés au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), affilié au mouvement terroriste international Al-Qaïda d'Oussama ben Laden.

Il s'agira là du quatrième procès relatif à des dossiers de terrorisme islamiste à se tenir en Belgique. Les trois premiers, organisés dans les années '90, étaient liés au GIA, le Groupe islamique armé algérien.

Il s'agissait du procès d'un réseau logistique du GIA, centré autour d'Ahmed Zaoui, organisé à Bruxelles en 1995 (où avait été condamné Tarek Maaroufi), du procès de trois personnes à Neufchâteau condamnées pour avoir lancé en novembre 1995 une grenade défensive en direction de gendarmes qui les poursuivaient et, enfin, du procès, organisé à Bruxelles en 1999, centré autour de Farid Mellouk, un Algérien - dont le nom était cité dans des attentats dans le métro parisien - qui avait été arrêté à Ixelles en 1998.

Sur le même sujet