Une marche pour maintenir la solidarité entre les Belges

V.d.W.

L' heure est grave et tardive. La dérive séparatiste est réelle. Elle fait courir à notre pays un énorme danger quant à son existence. Notre devoir est de nous lever et de faire entendre notre voix. La démocratie n'est pas la passivité...»

Pour Maurice Velge, le président de B+, une association apolitique qui milite pour la promotion d'un État multiculturel dans une union fédérale solide et généreuse, il est grand temps que la majorité silencieuse fasse entendre sa voix. Un sondage récent réalisé par B+ a révélé que 74 pc des Flamands sont fédéralistes. Mais ils se taisent.

Devant ce qu'il appelle une stratégie consistant à vider systématiquement la Belgique de sa substance, il ne faut plus argumenter mais s'opposer. Comment? B+ propose plusieurs démarches. Tout d'abord le maintien d'une réelle solidarité interpersonnelle entre tous les citoyens du pays. Ce que l'on nomme transferts, explique-t-il, existe dans tous les pays. Citant l'ancien ministre des Finances, Mark Eyskens, il précise: scinder la sécurité sociale, c'est doubler la pauvreté en Wallonie.

B+ propose aussi l'organisation d'un référendum qui marquerait, ses promoteurs en sont certains, l'opposition d'une grande majorité des Belges à la scission du pays. Bien sûr, l'organisation de référendum en Belgique n'est pas sans danger. Le passé l'a montré. Mais comme le dit Ludo Dierickx, secrétaire général de B+, il vaut mieux un référendum imparfait et un vrai débat sur l'avenir du pays que pas de référendum du tout et la poursuite de réformes dont les Belges ne veulent pas. Car un jour, les citoyens se réveilleront dans un autre pays.

Belge et progressiste

On aurait tort de croire, dit B+, que ce mouvement contre le confédéralisme et pour le maintien d'une solidarité entre tous les Belges est uniquement francophone. Ainsi Tony Van de Calseyde, vice-président flamand de B+, affirme-t-il qu'en Flandre apparaît une nouvelle génération d'hommes politiques, née après les conflits communautaires, désireuse de vivre dans un vrai pays fédéral. Être Belge, cela redeviendrait donc une idée à la mode, progressiste. D'ailleurs, si tous les États européens suivaient l'exemple belge, on arriverait vite à 140 États: totalement ingérable.

Pour soutenir ces revendications, une marche pour la solidarité entre Belges est organisée ce dimanche 4 mai à Bruxelles.

Le rassemblement a lieu à 14 heures, au boulevard Albert II, près de la gare du Nord. Une lettre ouverte sera remise ce jour-là au Premier ministre pour lui rappeler qu'une grande majorité de Belges veulent le rester. Un document qui a été signé par des juristes, des hommes politiques, des écrivains, chanteurs, etc.

Pour le 18 mai, B+ ne donnera aucune consigne de vote. Il y a dans tous les partis des personnalités qui défendent les idées fédérales. Richard Fournaux, député CDH, était là pour approuver. Il n'est évidemment pas le seul. À chacun d'identifier fédéralistes et confédéralistes.

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© La Libre Belgique 2003