Louis Michel : "Les affaires étrangères ou rien"

"Ou je serai ministre des Affaires étrangères, ou je ne participerai pas au gouvernement", a lancé M. Michel. Le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères sortant, Louis Michel, a menacé jeudi de ne pas faire partie du prochain gouvernement s'il ne pouvait continuer à gérer la diplomatie belge comme il le fait depuis quatre ans. Au centre des débats : la loi de compétence universelle, qui inquiète tant les Américains.

Louis Michel : "Les affaires étrangères ou rien"
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Le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères sortant, Louis Michel, a menacé jeudi de ne pas faire partie du prochain gouvernement s'il ne pouvait continuer à gérer la diplomatie belge comme il le fait depuis quatre ans. "Ou je serai ministre des Affaires étrangères, ou je ne participerai pas au gouvernement", a lancé M. Michel lors d'un entretien avec des journalistes à bord de l'avion officiel qui les amenaient au sommet européen de Thessalonique, en Grèce.

M. Michel a réagi ainsi aux rumeurs colportées par certains médias selon lesquels ses chances de retrouver le maroquin des Affaires étrangères se seraient considérablement amenuisées ces dernières semaines, en raison des tensions qui pèsent sur les relations belgo-américaines et de la controverse sur l'avenir du siège de l'OTAN.

Le ministre des Affaires étrangères a révélé dans ce contexte qu'il s'entretiendra de cette problématique dimanche soir avec le secrétaire général de l'OTAN, Lord Robertson, à la demande de la Belgique.

PAS DE NOUVELLES MODIFICATIONS

M. Michel a encore répété qu'il n'existe pas au sein de l'actuel parlement de majorité pour modifier une fois de plus la loi belge de compétence universelle qui inquiète tant l'administration américaine.

Rappelons que les négociateurs qui travaillent actuellement sur la composition d'un nouveau gouvernement fédéral sont arrivés à un consensus sur la volonté d'élargir la législation relative aux immunités à tous les responsables en poste dans des organisations internationales basées en Belgique.

Le premier ministre, Guy Verhofstadt, avait aussi indiqué mercredi que la loi de compétence universelle ne sera plus plus modifiée.

Le futur gouvernement, en agissant sur les immunités, espère ainsi répondre aux inquiétudes américaines, les autorités de Washington exerçant des pressions sur la Belgique depuis que des plaintes ont été déposées, sur base de la loi de compétence universelle, à l'encontre de hauts représentants américains.

Les milieux gouvernementaux sont par ailleurs de plus en plus inquiétés par la véritable pluie de plaintes qui sont déposées dans le cadre de la loi controversée. Le procureur général a ainsi informé jeudi M. Verhofstadt que de nouvelles plaintes ont été déposées contre des personnalités américaines, dont le président George W. Bush, le secrétaire d'Etat (ministre) aux affaires étrangères Colin Powell et la conseillère présidentielle à la sécurité, Condoleeza Rice.

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