Amertume des riverains de Zaventem

Ph.Law.

Prurit communautaire, le dossier des vols de nuit a provisoirement trouvé une solution qui sauve la face tant des Flamands que des Francophones. L'accord du 24 janvier 2003 qui prévoit de nouvelles trajectoires avec le survol de Bruxelles (moyenne de 3,2 vols par nuit) est maintenu. Mais le gouvernement veut évaluer l'impact des nuisances sonores sur les populations survolées (commune par commune) et les répartir de façon plus équitable pour soulager les riverains. «Par répartition plus équitable, on entend notamment une révision des procédures de vol en fonction des populations et/ou des zones survolées et du type d'avions, ainsi qu'une utilisation plus diversifiée des pistes de décollages et d'atterrissages envisageables, en tenant compte de la sécurité des populations, du trafic aérien et de la gestion de l'aéroport», lit-on dans la déclaration gouvernementale.

Vu la nouvelle donne, une révision du programme d'isolation est prévue. Le chiffre des 12800 maisons à isoler recensées dans le cas de la concentration (piste aujourd'hui abandonnée) des vols de nuit au-dessus du Noordrand (nord de Bruxelles) sera sûrement pulvérisé avec la dispersion. En attendant l'évaluation et la répartition plus équitable du bruit, le Noordrand sera soulagé de quelques vols de nuit qui seront dirigés vers l'est de Bruxelles. Les avions affichant un quota count (QC) supérieur à 4 utiliseront donc la piste 20 (direction Huldenberg) et suivront le trajet le plus proche du ring. «Nos experts se mettront incessamment au travail. Nous allons maintenant voir quels sont les avions qui pourront utiliser la piste 20 », précise Belgocontrol, contrôleur du ciel belge.

Selon nos informations, le Noordrand serait soulagé de 3 vols nocturnes en moyenne au détriment des habitants de l'est de Bruxelles.

Les riverains bruxellois sont relativement satisfaits, mais l'accord de ce 8 juillet a un goût amer. «Nous sommes soulagés parce que les négociateurs n'ont pas augmenté les vols au-dessus de Bruxelles comme nous le craignions. Nous regrettons le maintien de l'accord du 24 janvier 2003 qui a tracé une trajectoire au-dessus de la capitale», dit Michel Rutsaert, président de Bruxelles Air libre Brussel.

La fin des vols de nuit

L'association déplore le fait que les négociateurs de la future coalition violette n'aient pas fait allusion dans leur texte à une suppression progressive des vols de nuit.

«Le dossier reviendra lors des élections régionales de 2004. Il faut limiter le nombre de mouvements à Zaventem à 280000 par an et empêcher Biac et Belgocontrol d'être juges et parties dans le dossier», renchérit Jacques Vandenhaute, président de l'UBCNA. Au niveau politique, le CDH dénonce la «duplicité des partis de la nouvelle coalition. En confiant le développement du dossier à un groupe d'experts, l'accord de gouvernement choisit la technique de l'encommissionnement et renvoie toute décision politique courageuse aux calendes grecques».

Quant aux vols de jour, le futur exécutif suit la même piste que pour les vols de nuit (évaluation de la situation actuelle, cadastre de bruit, répartition équitable). Mais il va surtaxer les avions bruyant décollant entre 21 et 23h ainsi qu'entre 6 et 8h avec un QC d'au moins 12.

© La Libre Belgique 2003


De beaux projets, mais... Parmi les options avancées ces derniers jours, le dossier portant sur la régionalisation du code de la route est botté en touche: il fera partie des questions qui seront discutées au sein du Forum. Le projet de gratuité du train pour les trajets domicile-travail est, lui, confirmé. L'Etat mettra sur la table une enveloppe budgétaire de 4 millions d'euros et la balle est renvoyée dans le camp des partenaires sociaux. On en reparle à l'automne, donc. Pour le reste, la tendance est à la continuité. L'accord entend mettre en place une politique visant à stimuler l'intermodalité. L'utilisation des transports en commun, souligne-t-il, doit augmenter (objectif fixé pour la SNCB d'ici la fin de la législature: + 25pc de voyageurs par rapport à l'année 2000). Le travail à domicile et le co-voiturage seront encouragés. Un plan de mobilité axé sur l'usage prioritaire des moyens de transport les moins polluants pour les déplacements courts sera développé. En matière de sécurité routière, la réglementation sera adaptée afin de mieux prendre en compte les impératifs des usagers faibles, tels les cyclistes. Le comportement individuel dans la circulation est appelé à devenir un facteur déterminant dans le cadre du calcul de la prime d'assurances. Quant aux camions, ils devront obligatoirement utiliser la bande de droite des autoroutes aux heures de pointe.