Bien vivre en toute sécurité

An.H.

Trois des 14 chapitres de l'accord gouvernemental concernent la sécurité et la justice. Pour les partenaires socialistes et libéraux, les quartiers et les grandes villes doivent (re)devenir viables. Plusieurs actions sont prévues. Les moyens seront concentrés sur quelques quartiers des 15 grandes villes avec lesquelles seront conclus des contrats pluriannuels.

Pour diminuer le sentiment d'insécurité, on mènera une politique de lutte contre les incivilités (dépradations, parking sur les trottoirs, insalubrité...). Les plans de sécurité zonaux devront élaborer un plan en ce sens. Le gouvernement fera par ailleurs approuver au plus vite par le Parlement le projet de loi relatif aux amendes administratives que les communes pourraient infliger aux «incivils».

En matière de lutte contre la criminalité, l'action sera concentrée sur certains phénomènes spécifiques. Au niveau fédéral, il s'agit des bandes criminelles itinérantes, des réseaux étrangers actifs sur notre territoire (drogues, armes...), du terrorisme, de la traite des êtres humains et de la grande fraude (carrousels TVA, pétrole, cigarettes, blanchiment d'argent...).

Les contrats de sécurité et de prévention seront prolongés: une attention particulière sera accordée à la protection de certains groupes vulnérables, comme les personnes âgées. Une protection appropriée sera également assurée pour certaines professions à risque (médecins, bijoutiers, libraires...).

Au cours de la prochaine législature, les polices locales seront renforcées de 2.500 unités, sans qu'il en coûte un euro aux communes. Le corps de sécurité (qui doit notamment assurer le transfert des détenus entre prisons et palais de justice) sera mis en place. Les auxiliaires de police verront leurs attributions étendues.

En matière de lutte contre la traite des êtres humains, le gouvernement présentera un projet de loi permettant de sanctionner les «donneurs d'ordre» qui commanditent des travaux à des sous-traitants recourant à l'exploitation de main-d'oeuvre clandestine.

Place aux victimes

Dans le souci de rendre la justice plus efficace, la place de la victime sera améliorée dans le cadre des procédures judiciaires: meilleure information, simplification de la terminologie, amélioration de l'accueil...

Les vacances judiciaires seront réorganisées - pas supprimées! - pour garantir la continuité et la qualité du service au cours de toute l'année.

Les partenaires s'engagent aussi à élaborer une solution structurelle pour régler le lancinant problème de l'arriéré judiciaire à Bruxelles. À court terme, le gouvernement règlera la question d'une nouvelle implantation du parquet (pour regrouper tous les services); l'informatisation sera poursuivie «de manière accélérée» ; on adjoindra au corps un gestionnaire judiciaire ainsi qu'un expert-comptable pour la section «ecofin».

© La Libre Belgique 2003