Et maintenant, trouver des ministres...

Pierre-François Lovens

Le projet d'accord gouvernemental en poche, les nouveaux coalisés entament les dernières opérations d'usage. Parmi celles-ci, il y a la constitution du nouvel attelage fédéral. Elle comporte deux étapes. Un: la répartition des portefeuilles entre familles politiques. Deux: la désignation des ministres, des secrétaires d'Etat, voire des commissaires de gouvernement, sans oublier les présidences du Sénat et de la Chambre.

La répartition des compétences aurait été évoquée lors de la dernière nuit de négociation. Le débat se poursuivra au cours des prochaines heures. Une certitude: du côté francophone, le Parti socialiste obtiendra quatre maroquins ministériels, pour trois au Mouvement réformateur. Du côté néerlandophone, le VLD compterait quatre ministres et le cartel SP.A/Spirit, trois. Le poste de Premier ministre reviendra à Guy Verhofstadt (VLD).

L'allocation de ces portefeuilles est cruciale. Chaque parti a pour habitude de réclamer les postes qu'il juge prioritaires. Il en va aussi de la visibilité des fonctions. Les Affaires étrangères ou la Défense nationale ont une autre portée - médiatique - que les Affaires économiques ou le Budget.

Têtes connues

Qui sera ministre de quoi?

Mardi, les états-majors des partis de la nouvelle majorité se gardaient bien de s'avancer. Des contacts discrets auront lieu d'ici la fin de semaine pour désigner les heureux élus. Il ne faut probablement attendre aucune confirmation avant la fin des congrès de participation. Dans le cas du PS, il se tiendra vendredi soir; on prévoit une prestation de serment samedi ou dimanche (lire ci-dessus).

Cette procédure n'empêche pas les rumeurs. Ainsi, malgré un travail de dénigrement intensif mené ces derniers jours dans certains milieux, Louis Michel (MR) rempilerait aux Affaires étrangères. De même que Didier Reynders aux Finances. Deux autres candidats MR sont cités pour le troisième poste de ministre: Armand De Decker et Jacques Simonet.

Le PS, dont Elio Di Rupo gardera les rênes, semble décidé à obtenir les Affaires sociales. Une rumeur, alimentée par le SP.A, y cite Rudy Demotte... Lequel dément, à ce stade, un prochain départ du gouvernement de la Communauté française. Le Hennuyer, il est vrai, ne manque pas d'atouts. Dont un bilinguisme parfait. Il se confirme que Laurette Onkelinx, outre son titre de vice-Première, prendra le chemin de la Justice. André Flahaut espère toujours poursuivre à la Défense, même s'il se dit que le Palais royal n'est pas chaud... Restera, enfin, à trouver le Liégeois de service: Michel Daerden ou Jean-Claude Marcourt?

Du côté flamand, Patrick Dewael obtiendrait l'Intérieur. Pour les autres ministres VLD, c'est la bouteille à encre. On cite les noms de Pierre Chevalier, Marc Verwilghen, Rik Daems, Herman De Croo. Ce dernier pourrait toutefois rester au perchoir de la Chambre. La présidence du Sénat? Anne-Marie Lizin est citée. Le SP.A convoiterait l'Emploi (Frank Vandenbroucke?), la Mobilité et le Budget (Johan Vande Lanotte probablement). Quant à Spirit, il se verrait attribuer le secrétariat d'Etat à la Coopération. Dans ce cas, Bert Anciaux s'y collerait.

© La Libre Belgique 2003