Le budget des soins de santé en forte hausse

V.R.

Les socialistes l'avaient martelé durant toute la campagne électorale: ils ne monteraient pas dans un gouvernement qui n'accorderait pas aux soins de santé des moyens supplémentaires. Avec un temps d'hésitation et comprenant combien la santé était importante pour les électeurs, les libéraux francophones leur avaient d'ailleurs emboîté le pas. C'est donc sans surprise - mais avec beaucoup de satisfaction de part et d'autre - que le projet d'accord de gouvernement sacralise une augmentation du budget de l'assurance maladie à concurrence de 4,5 pc par an jusqu'en 2007. En termes réels, cela représentera, en fin d'exercice, une hausse de 4,7 milliards d'euros. Dans un contexte économique morose, c'est une belle performance. Mais il y a un truc: ce montant sera en partie financé par les recettes attendues de l'augmentation prévue des accises sur le tabac. Une discussion devra cependant être menée avec le gouvernement luxembourgeois pour voir jusqu'où le prix du paquet de cigarettes peut monter en Belgique sans provoquer une ruée massive des fumeurs dans les magasins du Grand-Duché.

Mais que fera-t-on avec cet argent? Le texte de l'accord gouvernemental ne donne que de vagues indications. Il apparaît ainsi que le nombre de lits en maisons de repos pour les personnes les plus dépendantes sera augmenté. Il semble aussi que le dispositif du Maximum à facturer (seuil de dépenses au-delà duquel les soins de santé deviennent gratuits) sera appliqué pour les jeunes jusqu'à l'âge de 18 ans - l'âge-limite est de 16 ans aujourd'hui. Un Maximum à facturer qui devrait par ailleurs prendre en compte les coûts des hospitalisations de longue durée - des coûts qui sont aujourd'hui exclus du MAF. Autre acquis: le meilleur remboursement de certains soins dentaires préventifs, des soins en kinésithérapie pour des certaines de pathologies bien déterminées et de la pilule contraceptive pour les jeunes femmes. Enfin, le gouvernement devrait rendre le ticket modérateur - c'est-à-dire la part payée par le patient - moins attrayant pour le malade qui se rendrait chez un médecin spécialiste sans passer par un généraliste. Inutile de dire que cela ne plaît pas du tout aux spécialistes.

Aux médecins, le gouvernement promet la carotte et le bâton. D'une part, il envisage une nouvelle hausse des honoraires pour les généralistes (les syndicats médicaux réclament 20 euros pour une consultation et 30 euros pour une visite). De l'autre, il s'engage à poursuivre la chasse aux abus, à multiplier les mises en garde contre les médecins qui s'écarteraient des standards de prescriptions.

Le statut des indépendants

En matière sociale, le futur gouvernement promet d'améliorer certaines allocations (en matière d'invalidité notamment).

Il s'engage aussi à ficeler un statut plus favorable pour les indépendants. Une pension complémentaire obligatoire sera instaurée, en complément du système existant. Les indépendants y cotiseront en fonction de leurs revenus. Il est aussi question de rendre obligatoire l'assurance «petits risques» que certains indépendants refusent aujourd'hui de prendre à cause de son prix. Le gouvernement prendra en charge une partie du coût de l'opération.

Dans le régime des salariés, le gouvernement s'engage à augmenter le congé parental - normalement de 3 à six mois. Il créera également un système d'épargne-temps qui permettra au travailleur de récupérer, à un moment qu'il juge opportun au cours de sa carrière, les jours de congé non pris et les heures supplémentaires.

© La Libre Belgique 2003