Une diplomatie éthique et plus réaliste

Olivier Mouton

La «consolidation de l'Europe» reste la priorité numéro un de la diplomatie belge. Avec un engagement clair en faveur «de plus d'Europe, une Europe des pays, des régions et des peuples, fédérale et politiquement unifiée». Le gouvernement s'engage à oeuvrer en ce sens dans le cadre des importants travaux de la Conférence intergouvernementale chargée de faire atterrir la réflexion de la convention européenne. Il n'y a guère de surprise dans ce volet de l'accord: renforcement de la Commission et du Parlement, extension de la méthode communautaire, développement d'une véritable politique étrangère et de défense, renforcement de la politique économique et sociale...

En matière de défense, l'accord de gouvernement reprend les propositions faites avec la France, l'Allemagne et le Luxembourg en vue d'une capacité de défense propre à l'Europe. Parallèlement, le plan de modernisation de l'armée belge - et de réduction des effectifs jusqu'à 35.000 hommes - sera «mis en oeuvre plus rapidement». Le gouvernement est «favorable au développement d'une nouvelle Alliance atlantique» au sein de laquelle un pilier européen verrait le jour.

Petites bombes: un passage sur le retrait des armes nucléaires en Europe et un autre sur «la révision (...) des accords conclus dans le cadre de l'Otan pendant la Guerre froide» - une allusion à la récente polémique sur les transits militaires dans le cadre du conflit irakien. Au risque de fâcher les Etats-Unis? Une petite phrase précise: le gouvernement «poursuivra le rapprochement transatlantique par un dialogue ouvert et équilibré, et accordera une attention particulière à sa relation bilatérale avec les Etats-Unis».

Un monde plus juste

En prolongement de la déclaration gouvernementale de 1999, la coalition violette promet de «mener une politique étrangère active, dynamique, volontariste et fondée sur des convictions éthiques». La Belgique est candidate à la présidence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe en 2006 et pour un siège au Conseil de sécurité de l'Onu pour 2007- 2008. Des Nations unies à réformer, précise le texte. Sur le plan militaire, «il ne peut être question de participer à des opérations menées sans mandat des Nations unies ou au moins de l'Union européenne».

Priorités géographiques de la diplomatie belge? L'Afrique vient en tête, centrale surtout. Le Moyen-Orient, ensuite. Le texte parle d'un «véritable dialogue entre les civilisations» et plaide en faveur de la création d'un Etat palestinien viable. Ces zones - ainsi que les pays d'Afrique du nord et certains pays des Balkans - constitueront aussi les priorités en matière de coopération au développement, le nombre de pays cibles étant ramené de 25 à «maximum 18» et l'objectif des 0,7pc du PIB étant rappelé.

Le texte du nouveau gouvernement consacre encore deux pages à une «politique active en matière de commerce mondial équitable», à une «globalisation plus humaine» et à une «politique de paix active». In fine, il est confirmé que la loi de compétence universelle sera amendée en «s'inspirant de la législation appliquée dans d'autres pays occidentaux».

© La Libre Belgique 2003