La marque violette

Le formateur a réuni les chefs de file de la nouvelle majorité gouvernementale. Le débat porte en priorité sur la répartition des compétences.La coalition violette pourrait accueillir plusieurs femmes. Mais rien n'est encore fait.

La marque violette
©Belga/llb
An.H. et P.-F.L.

Au lendemain de la finalisation du projet d'accord gouvernemental, les futurs coalisés ont entamé les grandes manoeuvres pour l'attribution des compétences et la distribution des rôles ministériels. Mercredi midi, les pontes des 5 partis composant la majorité violette (VLD, MR, PS, SP.A-Spirit) se retrouvaient autour de Guy Verhofstadt, formateur et futur nouveau Premier ministre, pour en discuter.

Le travail se fait par phases. Premier «paquet»: les vice-Premiers. Deuxième «paquet»: les postes importants (Affaires étrangères, Justice, Intérieur...). Troisième «paquet»: les autres portefeuilles, considérés comme moins prestigieux. Ici, on songe notamment à recomposer un ministère des Classes Moyennes, qui reprendrait aussi l'Economie et le reliquat fédéral de l'Agriculture. Ces tractations sont ultra-confidentielles. Seuls les présidents de parti, ou ceux qui les supplantent dans ce rôle, sont au fait. Et ils sont muets comme des carpes. Tout au plus sait-on ce qu'ils décident de lâcher, par bribes. Mais là encore, cela fait partie de la stratégie. Qui sait si le nom ébruité «par hasard» ne l'est pas pour ébranler l'adversaire-partenaire qui convoite le même poste?

Des certitudes

Dans ce jeu de dupes, il y a quand même certaines certitudes. Côté MR, il se confirme que Louis Michel (MR) restera aux Affaires étrangères et que Didier Reynders gardera les manettes aux Finances. Pour le troisième poste de ministre, c'est... Louis Michel qui décidera tout seul. Aux réformateurs, il a dit: «Faites-moi confiance». Le nom de Sabine Laruelle, directrice générale de la Fédération wallonne de l'Agriculture, a circulé. Si le MR voulait à tout prix désigner une femme, elle pourrait faire l'affaire. Mais tout dépendra du portefeuille. Hors Agriculture et/ou Classes moyennes, on pourrait lui préférer une «candidate du Hainaut». Sinon, Jacques Simonet garde ses chances; Armand De Decker resterait au perchoir du Sénat.

Au PS, on temporise. Officiellement, Elio Di Rupo se préoccupe surtout du congrès de participation, programmé vendredi soir. «Il n'y a pas d'accord sur la répartition des compétences», précisait-on toutefois hier soir.

Du côté SP.A, Steve Stevaert a donné la mesure de son appétit: les sortants Johan Vande Lanotte et Franck Vandenbroucke devront hériter de «super-portefeuilles»: les Entreprises publiques (y compris la SNCB) pour le premier; les Affaires sociales (étendues à l'Emploi?) pour le second. Autre certitude: le troisième portefeuille SP.A ira à une femme élue au Parlement fédéral. Tous les regards se tournent vers la jeune Freya Van den Bossche (la fille de Luc). Le Spirit Bert Anciaux pourrait recevoir la Mobilité (sans la SNCB).

Le VLD aimerait aussi pousser une femme au sein de la coalition violette. Le nom de Fientje Moerman, députée fédérale de Gand, est évoqué. Quant à Marc Verwilghen, il serait encore de la partie, l'ex-ministre de la Justice lorgnant l'Economie et les Classes moyennes.

© La Libre Belgique 2003

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